BASKETBALL - 5X5 - Des joueurs des Ankoay s’expatrient

Des internationaux malgaches tentent l’aventure à l’étranger. En quelques mois, quatre membres des Ankoay rejoignent La Réunion et Mayotte.

Arnol Solondrainy (gauche) et Elly Randriamampionona évoluent actuellement  à Mayotte.

Le basketball malgache est en pleine mutation. Ces derniers mois, plusieurs joueurs et joueuses des équipes nationales Ankoay ont choisi de s’exporter vers des championnats de l’océan Indien, signe d’une reconnaissance progressive du talent local. Chez les dames, Christiane Jaofera Minaoharisoa et Muriel Harisoa Andriamihajanirina ont rejoint La Tamponnaise, à La Réunion. Chez les hommes, Elly Randriamampionona évolue désormais au Vautour Club de Mayotte, tandis qu’Arnol Alpha Solondrainy a intégré récemment l’Étoile Bleue de Kaweni, à Mayotte.

Ces mouvements traduisent un changement de dimension pour les joueurs de la Grande Île. Formés localement et aguerris sur la scène africaine, tous les quatre sont champions d’Afrique en basketball 3x3. Ils séduisent par leur engagement, leur discipline et leur intelligence de jeu. En sélection nationale, Madagascar domine régulièrement l’océan Indien lors des Jeux des Îles, ce qui renforce leur attractivité auprès des clubs régionaux.

Pour les concernés, cette opportunité s’accompagne aussi d’un avantage financier non négligeable. Avec des salaires compris entre 1 000 et 2 000 euros mensuels (4 850 000 à 9 790 000 ariary), les conditions sont nettement plus attractives que celles proposées localement. Le directeur technique national de la Fédération malgache de basketball, Angelot Razafiarivony, souligne que « c’est une reconnaissance du talent malgache ».

Vitrine

Au-delà de l’aspect économique, ces départs constituent une étape importante dans la progression individuelle et une opportunité de carrière pour les athlètes. En évoluant dans des environnements plus structurés, les joueurs gagnent en rigueur, en intensité et en expérience, des acquis précieux pour la sélection nationale.

« Je me sens bien accueilli ici et je m’adapte progressivement au rythme et au niveau de la compétition », confie Elly Randriamampionona, dont l’intégration au Vautour Club illustre la capacité d’adaptation des Malgaches.

Cette ouverture représente une véritable vitrine pour le basketball national et peut susciter des vocations chez les jeunes. Toutefois, pour en faire un levier durable, un travail de fond reste nécessaire. Le championnat local doit gagner en structuration, en régularité et en visibilité, tandis que l’encadrement technique doit être renforcé.

Mais un connaisseur de la zone tempère : « Ces joueurs et joueuses doivent faire attention, parce que le niveau n’est pas le même. Madagascar est en avance par rapport aux autres îles, donc il faut se méfier ».

En s’appuyant sur ses expatriés et en valorisant son vivier local, le basketball malgache peut nourrir des ambitions plus élevées et viser, à moyen terme, une place plus affirmée sur la scène africaine.

Donné Raherinjatovo

1 Commentaires

  1. S'ils s'expatrient c'est pour des raisons à la fois financières (vivre correctement) et de niveau de jeu (pour essayer de progresser). Tout cela entraîne des départs de notre pays. Normal !!

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