ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR - Les bourses assurent la survie des étudiants

Plusieurs étudiants de l’université peinent à couvrir leurs besoins quotidiens avec les bourses actuelles. Entre études, petits emplois et charges de plus en plus élevées, la situation devient difficile pour beaucoup.

Des étudiants à l’université d’Antananarivo.

De nombreux étudiants de l’Université d’Antananarivo sont contraints de jongler entre leurs études et de petits emplois afin de subvenir à leurs besoins quotidiens. Entre transport, logement, alimentation et matériel pédagogique, les dépenses dépassent souvent les aides disponibles, notamment des bourses jugées insuffisantes.

Pour beaucoup, les bourses d’études reçues ne couvrent qu’une petite partie des charges mensuelles. « La bourse ne suffit pas pour vivre à Antananarivo. Je dois travailler le soir pour payer mes repas et mes photocopies», confie un étudiant en économie. Comme lui, plusieurs jeunes enchaînent les cours en journée et des activités rémunérées en soirée ou le week-end. Dans le même sens, Johary, étudiant en deuxième année de sociologie, souligne que la situation varie selon les familles et les zones de provenance : « La suffisance de la bourse dépend de la situation familiale et de la localisation géographique de chaque étudiant. Les dépenses quotidiennes augmentent, et avec une bourse de 30 600 ariary, il devient difficile de s’en sortir. De plus, certains parents n’ont pas été préparés à financer des études supérieures. »

Dans ce contexte, les petits boulots les plus fréquents restent la vente ambulante, les cours particuliers, la restauration ou encore des missions ponctuelles en ville.

Par ailleurs, la question d’une revalorisation des aides fait actuellement débat. Une hausse des bourses d’études et des allocations d’équipement est en effet à l’étude.

Difficultés

 Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, a annoncé la semaine dernière devant les étudiants de l’Université de Toliara que les autorités travaillent sur une augmentation de 20 % des bourses et de 30% des allocations d’équipement.

Au-delà des chiffres, les difficultés du quotidien restent fortes pour de nombreux étudiants. « La nourriture constitue la principale dépense. Je viens d’Ambatondrazaka et je dois régulièrement faire venir du riz. À chaque cours, des polycopiés sont distribués. Quand je ne peux pas aller à la bibliothèque, je dépense environ 1 000 ariary pour la connexion. Les livres recommandés par les professeurs coûtent entre 75 000 et 90 000 ariary, ce que mes parents ne peuvent pas toujours supporter. », témoigne un étudiant en droit et sciences politiques.

Dans la même logique, Mika, étudiant en première année de sciences, évoque aussi le poids des dépenses quotidiennes : « J’habite à Ambohidratrimo, loin de l’université, ce qui me coûte environ 5 000 ariary par jour de transport. En travaux dirigés, les polycopiés sont indispensables et les polycopiés pour chaque matière coûtent environ 10 000 ariary. Pour la connexion, chacun se débrouille pour faire ses recherches. Ainsi la revalorisation des bourses pourrait bien alléger les dépenses quotidiennes. »

Ainsi, la précarité étudiante apparaît comme une réalité persistante à l’université, où la réussite académique dépend souvent autant des capacités scolaires que des moyens financiers.

Un changement est intervenu dans le système de versement des allocations étudiantes à Madagascar. Désormais, le paiement des bourses d’études et des allocations d’équipement destinées aux étudiants bénéficiaires sur l’ensemble du territoire est effectué directement auprès du Trésor public, indique un communiqué du ministère de l’enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, hier. Cette réforme vise à centraliser les flux financiers et à sécuriser le processus de distribution. Selon les orientations budgétaires de la loi de finances, cette gestion directe par la comptabilité publique permet également d’améliorer la traçabilité des fonds alloués à l’enseignement supérieur.

Le paiement des bourses d’études auprès du Trésor public

Un changement est intervenu dans le système de versement des allocations étudiantes à Madagascar. Désormais, le paiement des bourses d’études et des allocations d’équipement destinées aux étudiants bénéficiaires sur l’ensemble du territoire est effectué directement auprès du Trésor public, indique un communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, hier. Cette réforme vise à centraliser les flux financiers et à sécuriser le processus de distribution. Selon les orientations budgétaires de la loi de finances, cette gestion directe par la comptabilité publique permet également d’améliorer la traçabilité des fonds alloués à l’enseignement supérieur.

Mialisoa Ida

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne