ART VISUEL - Miangaly Elia révèle les réalités urbaines

Miangaly Elia, jeune artiste qui façonne des dioramas pour raconter les réalités urbaines et humaines.

Artiste autodidacte, Miangaly Elia transforme le diorama en un espace de narration entre urbanité, mémoire et identité culturelle.

Derrière ses scènes miniatures, Miangaly Elia donne à voir bien plus que de simples maquettes : elle construit de véritables récits ancrés dans les réalités urbaines. Née en 2002 à Antananarivo, cette artiste plasticienne s’impose avec un médium encore rare à Madagascar, le diorama, qu’elle utilise pour traduire à la fois des observations sociales et des fragments d’histoire, mêlant dimension collective et sensibilité personnelle.

Son parcours prend racine dans une formation de deux ans en tant qu’assistante d’architecte. C’est lors de la conception de la maquette de son projet de fin d’études qu’elle découvre une véritable passion, amorçant ainsi une pratique qu’elle développe ensuite de manière autodidacte. Portée par l’expérimentation, elle transforme progressivement ses maquettes en dioramas, faisant de la matière et de l’imprévu des éléments centraux de sa création.

À la croisée de plusieurs disciplines, son travail mêle peinture, sculpture et pliage, lui permettant d’explorer différentes techniques tout en restant fidèle à son attachement pour l’architecture. Si elle s’exprime aujourd’hui principalement dans les arts visuels, elle nourrit également une sensibilité artistique plus large, notamment à travers le chant et la chorale.

Volonté claire

Ses œuvres interrogent les structures urbaines comme reflets des conditions humaines et des identités culturelles. En y intégrant une dimension onirique, elle invite le spectateur à affronter le réel tout en préservant une part de rêve. Chaque création devient ainsi un laboratoire où le geste s’adapte à la matière, dans un processus qui relève autant de la recherche artistique que de la construction personnelle.

En deux ans, Miangaly Elia a déjà marqué son parcours par plusieurs étapes importantes. Elle expose pour la première fois au Musée de la Photographie de Madagascar dans le cadre de « Maison des vivants », avant de se former davantage à travers des workshops organisés par Hakanto et la Fondation H. En 2025, elle est finaliste du Blessing Ngobeni Art Prize, une reconnaissance qui la conduit à exposer au Johannesburg Stock Exchange, signant sa première expérience internationale. Plus récemment, elle participe aux expositions « Dendrophile » et « United For Climate », présentées lors du Mauritius Art and Culture Investment Summit à Tamarin.

Aujourd’hui, l’artiste poursuit ses recherches, explorant de nouvelles thématiques et techniques. Elle ambitionne d’élargir sa présence sur la scène locale et internationale, tout en préparant, à terme, une exposition personnelle. Dans cette dynamique, elle envisage également des résidences artistiques à l’étranger afin de nourrir sa démarche. À travers le diorama, Miangaly Elia affirme ainsi une volonté claire : faire de l’art un espace de récit capable de révéler la richesse et la complexité de son héritage culturel.

Cassie Ramiandrasoa 

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