Spoil system

On s’y attendait un peu, même si beaucoup se demandaient quel était le poids politique des Gen Z et Y pour lancer un ultimatum de 72 heures pour le départ du Premier ministre et obtenir gain de cause. Certes, le remplacement du Premier ministre était dans l’air depuis quelques semaines, mais il n’était pas nécessaire de recourir à des effets spéciaux pour s’en débarrasser. Sans appui politique, le Premier ministre était presque un intrus dans le contexte qui a suivi les événements de septembre et d’octobre 2025. Il n’était ni un manifestant ni un officier du Capsat.

Pour beaucoup d’observateurs, c’était aller tout droit à l’abattage pour quelqu’un issu du secteur privé et qui n’avait jamais flirté avec la politique jusqu’à sa retraite. Qui l’a proposé et pourquoi a-t-il accepté ce poste dont il connaissait l’ingratitude et les pressions ?

On lui avait donné deux mois pour réussir sa mission. Une entreprise impossible, étant donné l’abîme dans lequel se trouvait l’État. Deux mois, c’est juste le temps de mettre en place le staff et de procéder aux nominations dans les différents départements. Il a formé le gouvernement avec beaucoup de membres qu’il n’avait pas choisis. L’opinion était interloquée, mais se résignait à le laisser travailler. Quelques résultats étaient à mettre à son actif, comme la prime des fonctionnaires et la hausse des salaires. En revanche, le délestage et les problèmes d’eau restent réels, tout comme l’état des routes.

La gestion des dégâts du cyclone Gezani, qui a réduit en miettes la ville de Toamasina, a peut-être été le faux pas qui l’a mis sur la touche.

Le Premier ministre part ainsi avec ce qu’il pouvait faire dans une conjoncture compliquée sur tous les plans. Il laisse un lourd héritage à son successeur pour redresser le pays. Il faut savoir que la résolution des problèmes sociaux dépend de plusieurs paramètres, et non pas seulement des hommes.

On reprend donc tout depuis la case départ, avec le sempiternel casting pour les postes ministériels, de secrétaires généraux, de directeurs généraux… En résumé, on exige un spoil system pour se débarrasser des « forongony ». 

Sylvain Ranjalahy 

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne