La prise en charge des maladies rénales se développe progressivement à Madagascar. Toutefois, l’accès aux traitements reste limité pour la majorité des patients.
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| Dépistage du diabète lors de la journée mondiale du rein à Alasora. |
La Société malgache de néphrologie constate une extension de la prise en charge des maladies rénales dans le pays. « Les centres de dialyse deviennent de plus en plus nombreux, aussi bien à Antananarivo que dans les régions», a déclaré son président, le professeur Yoel Rantomalala, samedi, lors de la célébration de la Journée mondiale du rein, organisée à Alasora.
Actuellement, cinq hôpitaux publics disposent d’un service de dialyse, à savoir le centre hospitalier universitaire Joseph Raseta Befelatanana (CHU JRB), le centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU JRA), le Centre hospitalier de Soavinandriana (Cenhosoa), ainsi que les hôpitaux de Fianarantsoa et de Toamasina.
Dans le secteur privé, les centres sont également de plus en plus nombreux. « Nous en comptons notamment cinq à Antananarivo, un à Antsiranana et un à Mahajanga», note un néphrologue. L’augmentation du nombre de centres de dialyse contribue à améliorer l’accès aux traitements appropriés pour les patients atteints d’insuffisance rénale, qui sont de plus en plus nombreux, selon la Société malgache de néphrologie.
Inaccessibles
Malgré l’augmentation du nombre de centres de dialyse, ces traitements restent encore inaccessibles pour la majorité des patients souffrant d’insuffisance rénale. Au CHU JRA, par exemple, seules une douzaine de personnes peuvent être prises en charge chaque semaine avec ses six machines. Au CHU JRB, le service peut accueillir au maximum une trentaine de patients par semaine grâce à ses douze appareils, selon le Professeur Rantomalala.
Selon l’Atlas mondial du rein, en 2019, seuls 3 % des patients vivant dans les pays en développement, dont Madagascar, ont accès à la dialyse. Dans le pays, ces services sont principalement concentrés dans la capitale, où se trouvent la plupart des centres de dialyse.
« Des efforts doivent être déployés pour créer davantage de centres dans les régions, car l’accès limité à ces structures constitue une véritable contrainte pour les patients », souligne le professeur Yoel Rantomalala.
Un patient doit se rendre au centre de dialyse deux à trois fois par semaine, et ce à vie. « Cela signifie qu’il doit pouvoir accéder facilement à l’établissement pour pouvoir continuer ses activités. Si le centre n’est pas proche de son lieu de vie, le patient rencontre de grandes difficultés pour mener une vie normale », poursuit-il. La Société malgache de néphrologie souligne que la solution à privilégier reste la transplantation rénale.
Miangaly Ralitera
