Vingt-quatre mois pour la durée des travaux de mise en place de buses d’évacuation souterraine à Mahamasina. Autrement dit, toute la durée de la Refondation. Ce n’est pas trop tôt car l’urgence devient de plus en plus pressante. À chaque averse ou déluge, la capitale est totalement immergée de Mahamasina à Alarobia en passant par 67 ha, Analakely, Besarety, Isotry, Andravoahangy…Avec les constructions illicites un peu partout dont certaines assises justement sur les égouts, l’anarchie de la population qui font des canaux d’évacuation de bacs à ordures, le débit restreint des canaux à cause des remblais, il est devenu impératif de revoir complètement le système d’évacuation des eaux usées et des eaux de pluie de la capitale. Une solution qui aurait dû être prise depuis 40 ans quand l’eau mettait plusieurs heures à se retirer dans le quartier d’Ampefiloha. Une réhabilitation des canaux d’évacuation et un nettoyage régulier du canal Andriantany dans les années 2000 a permis d’épargner la population de cette crue nauséabonde chaque fois qu’il pleut. Mais avec le retour de l’indiscipline et l’incivisme de la population, le calvaire est revenu de plus belle.
C’est donc le prix à payer pour les Tananariviens et leurs dirigeants qui n’ont rien vu venir alors que chaque année le problème empire.
Les travaux sont les bienvenus pour que la capitale reste une ville « vivable». Mais il va falloir s’y faire avec les bouchons tout autour du quartier de Mahamasina où la circulation est devenue infernale.
Mais le maître d’ouvrage aurait dû se résoudre à travailler la nuit. On peut très bien s’arranger pour ménager la chèvre et le chou. Les entreprises qui avaient construit les premiers gradins du stade de Mahamasina en 1976 puis en 1990 avaient travaillé jour et nuit pour respecter les échéances du Mirabeau 76 et des IIIèmes Jeux des îles 1990. Vingt-quatre mois de galère et de dérangement, cela fera à n’en pas douter augmenter le stress des uns et l’énervement des autres. Et il y en aura sûrement d’autres du même genre plus tard à Andravoahangy, Isotry, Alarobia, Besarety … pour délivrer la capitale de cette trombe d’eau dès qu’il crachine. C’est la prière qu’il faut faire en cette semaine sainte, même si on a attendu des miracles depuis plusieurs années. Si ce n’est pas à Pâques, ce serait bien à Trinita.
Sylvain Ranjalahy