L’ICCO défend le cacao malgache après un reportage le qualifiant de «produit secondaire». L’organisation demande au CNC de rétablir une appréciation conforme à la réalité.
![]() |
| Des planteurs de cacao en train de manipuler des cabosses. |
Dans une correspondance datée du 17 mars, Michel Arrion, directeur exécutif de l’Organisation internationale du cacao, réagit vivement à un passage du Journal Afrique diffusé le 10 mars sur TV5 Monde, au sujet d’un déplacement de l’ancien Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo, à Genève, alors que Gezani frappait de plein fouet la côte Est de la Grande île. Selon la lettre consultée par notre rédaction, le reportage aurait laissé entendre que le cacao serait un « produit secondaire » pour Madagascar, une appréciation que l’ICCO juge inexacte et préjudiciable.
En effet, l’ex-locataire de Mahazoarivo s’était rendu à Genève dans le cadre d’une conférence internationale sur le cacao, mi-février. Un événement d’envergure qui a rassemblé la quasi-totalité des pays exportateurs et marqué la signature d’un nouvel accord international sur le cacao par plusieurs États. « N’eût été son départ anticipé, contraint de regagner Madagascar le jour même…, le Premier ministre aurait également été en mesure de signer cet accord », assenait M. Arrion dans sa lettre au CNC. Un départ précipité, sans doute dicté par l’urgence nationale sur un autre front, celui du cyclone Gezani. La Grande île n’a donc pas pu signer ce nouvel accord sur le cacao, bien qu’elle en ait eu besoin du fait des aléas du marché à l’heure actuelle.
Prouesse
Chiffres à l’appui, l’ICCO estime que le cacao compte parmi les principales exportations malgaches : environ 450 milliards d’ariary reversés à quelque 30 000 producteurs, soit près de 100 millions de dollars, selon la lettre. L’organisation rappelle aussi que, depuis 2023, Madagascar a obtenu la classification de 100 % de sa production comme « cacao fin », un label qui valorise son cacao sur les marchés spécialisés. Une prouesse réalisée par la filière à l’époque où Edgard Razafindravahy était au ministère de l’Industrialisation et du Commerce. Il a plaidé pour une meilleure valorisation des chaînes de valeur du cacao, ce qui a conduit à cette labellisation, gage de qualité pour le cacao malgache.
De son côté, le Conseil national du cacao (CNC) n’a pas encore publié de communiqué officiel au moment de la parution de cet article. Toutefois, l’ICCO demande une clarification publique de la part du CNC afin de rétablir « une appréciation plus conforme à la réalité » sur cette filière, souvent occultée par les performances d’autres secteurs d’activité, alors qu’elle joue un rôle essentiel pour des milliers de producteurs dont c’est la seule activité.
Itamara Otton
