Pat…éthique

Et les déclarations et les propositions pleuvent. On assiste à une floraison soudaine de créations d’associations, de plateformes, de groupements… à la veille de la nomination du deuxième Premier ministre de la Refondation. Outre ceux qui se réclament de vrais Gen Z, il y en a dont on ignore d’où ils sortent. La plupart sont des visages qu’on n’a jamais vus dans les caméras lors des manifestations de septembre.

Et ils essaient d’impressionner l’opinion et de faire admettre leur crédibilité à travers des uniformes bien stylés, en organisant des conférences de presse dans des hôtels huppés, et de montrer qu’ils font le poids sur l’échiquier politique. Le luxe est pourtant un indicateur sérieux sur l’identité de celui ou de ceux qui sont aux manettes.

Tout le monde y va de son allégeance, de sa pression pour imposer des noms de premiers ministrables au président de la Refondation. C’est pat…éthique de constater que des jeunes se laissent manipuler et ignorent le minimum des dispositions constitutionnelles. Comme rien n’a encore changé et que la loi fondamentale de 2010 reste en vigueur, il y est écrit noir sur blanc que c’est le groupe parlementaire majoritaire à l’Assemblée nationale qui propose un ou des noms au président de la Refondation, lequel a le dernier mot. C’est la règle quelle que soit la composition de cette majorité parlementaire.

Il est arrivé plusieurs fois, lors du précédent régime, que ce soit le Président qui fasse son choix et demande à la majorité parlementaire de proposer l’heureux élu.

Il ne sert donc absolument à rien pour ces associations de menacer le Président à travers leurs déclarations. En principe, le Président a déjà fixé ses propres critères et choisira celui qui remplit toutes les cases.

Mais là où la colère attise la révolte et où le jeu politique devient émétique, c’est de voir de vieux briscards de la Génération silencieuse (1925-1945) entrer dans ce jeu de vilains. L’objectif est vraisemblablement de récupérer ou de grappiller un ou deux poufs dans le nouveau gouvernement.

Rien n’a donc changé sous le soleil. Si les dirigeants et la population réclament la Refondation, certains acteurs politiques sont restés figés à l’époque de l’allégeance et de la révérence.

Sylvain Ranjalahy 

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