Maire à boire

La capitale n’a plus d’édile depuis deux jours, après la décision du conseil d’État d’annuler les résultats des élections communales en 2024 et d’organiser une nouvelle élection. Une décision à la fois administrative et politique. Étant donné le chamboulement de l’administration voire le changement complet des instances électorales inévitable, l’élection d’un nouveau maire est hypothétique. Il va falloir mettre sur pied une Ceni composée de nouveaux membres de même qu’une Haute Cour Constitutionnelle new-look. C’est une condition sine qua non pour que les élections soient crédibles et transparentes. Du moins, ce que l’opinion en général a évoqué.

Est-ce une priorité actuellement ? L’État  peut-il se permettre de consacrer un budget pour organiser des élections communales alors que d’autres urgences pressent à l’image du délestage, des coupures d’eau, des épidémies, de l’état des routes, de l’insécurité. Tous ces problèmes restent entiers malgré une petite amélioration de la situation. Une élection peut donc attendre. C’est d’autant plus vrai qu’avec ou sans maire, la capitale va sûrement et doucement vers une irréversible descente aux enfers. Toute tentative d’assainissement et de réorganisation semble impossible dans un contexte politisé à fond où le clientélisme électoral empêche tout effort de redressement.

D’ici quelques années, la capitale sera complètement ensevelie sous les bicyclettes, les motos, les tucs-tucs, les charrettes, les brouettes dont le nombre augmente de façon exponentielle à l’image des jacinthes d’eau qui immergent le marais Masay. Sans parler des voitures qui ont de plus en plus de difficulté de circuler de par leur nombre et à cause des limites du réseau routier.

Il faut donc être assez fou pour vouloir résoudre une équation de cinquième degré à plusieurs inconnus.

Excepté le fait qu’être maire de Tana constitue un symbole politique et peut-être un tremplin vers une autre ambition, il n’y a pas d’autres motifs pour justifier une obsession de diriger la capitale.

Et puis, une nouvelle élection pourrait déboucher sur des résultats qui ne seraient pas favorables à la Refondation dans l’optique des échéances électorales plus importantes. 

Autant, donc, se résoudre à la désignation d’un PDS qui ne fera pas l’objet d’un contentieux électoral. La démocratie et les élections n’ont d’ailleurs jamais résolu quoi que ce soit.

Toutefois, il va falloir trouver un véritable shérif à la tête de la capitale pour remettre de l’ordre dans la maison. Un homme de poigne du type Rambo. Si Tana brille, c’est un sésame pour le candidat soutenu par le shérif en question. Sinon, le naufrage collectif constitue une éventualité dans un maire à boire.

Sylvain Ranjalahy 

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