MAHAJANGA - Un mois d’enquête au niveau des frontières

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet du Fonds de lutte contre les pandémies, ou Pandemic Fund, une enquête de surveillance sanitaire est organisée au niveau des transports maritime, aérien et terrestre pendant trente jours à Mahajanga.

Les membres de l’Organisation Mondiale de la Migration en visite dans la région Boeny.

Depuis le 23 février, des enquêtes de surveillance sanitaire sont ainsi organisées sur les sites d’arrivée et de départ aux frontières, à savoir au niveau du port de Mahajanga et des différents quais ou Antafia, de l’aéroport d’Amborovy et de la gare routière nationale à Aranta.

« L’objectif de cette opération est de recueillir des données et des statistiques, ainsi que de contrôler les entrées à Mahajanga, notamment celles des migrants venant du Sud. Des sondages sont réalisés auprès des passagers, hommes et femmes, à leur arrivée à Mahajanga. Les équipes sont présentes à la gare routière nationale d’Aranta pendant un mois pour mener l’enquête», a expliqué le directeur de l’Agence des transports terrestres (ATTA) de Mahajanga.

La délégation de l’OIM, dirigée par le chef du projet, a effectué une visite auprès du secrétaire général de la région Boeny, la semaine dernière, pour faire le point sur l’avancement du projet.

« Cette initiative est très importante pour la région de Boeny, car elle constitue une zone où diverses maladies infectieuses peuvent se propager. Nous souhaitons également l’installation de caméras de surveillance afin de lutter contre les entrées et sorties illégales dans Boeny. Cela est essentiel pour renforcer la sécurité dans la région et pour les contribuables qui refusent de payer des ristournes au niveau des barrages économiques », a sollicité le SG.

« La demande du Secrétaire général sera examinée avec le chef de l’OIM. Nous estimons qu’il s’agit d’une proposition inédite et potentiellement complexe en matière de migration », a répondu le chef de projet du Fonds de lutte contre les pandémies.

Cosmopolite

L’enquête sera ainsi menée pendant un mois dans les trois principaux points d’entrée et de sortie de Mahajanga.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) œuvre avec plus de 170 États membres pour assurer une gestion humaine et ordonnée des migrations, protéger les migrants et offrir une aide humanitaire aux personnes déplacées.

La ville de Mahajanga est un pôle migratoire majeur à Madagascar, attirant des populations internes (notamment Betsileo et Antandroy) en quête d’emploi et de terres, ainsi que des migrants internationaux, faisant de la ville un centre cosmopolite.

Ce dynamisme entraîne une urbanisation rapide, la création de quartiers spontanés et des défis sécuritaires, tout en positionnant la ville comme une porte d’entrée pour la migration irrégulière vers les Comores.

Des arrivées constantes en provenance du Sud (Androy) et des Hautes Terres (Betsileo), motivées par la recherche d’activités économiques, la pêche ou l’exploitation de ressources, sont constatées régulièrement à Mahajanga.

L’arrivée massive de migrants provoque une croissance rapide et non planifiée de certains quartiers, avec la construction de centaines de logements illicites par an.

Les missions principales de l’OIM durant les quatre ans à venir, à partir de 2024, sont de sécuriser et de protéger les migrants en situation de crise. Avancer des solutions aux déplacements, dont l’aide aux personnes déplacées, proposer des solutions durables et faciliter des voies de migration sûres et ordonnées.

Vero Andrianarisoa

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