Les feux de la mort

Agréable surprise dans les rues de Tana hier avec l’installation des feux tricolores. Eh oui, Antananarivo est certainement la seule capitale au monde où cet appareil régulateur de la circulation n’existe pas ou plutôt plus. La dernière fois où les feux tricolores étaient fonctionnels c’était en 1997 à l’occasion des IIIes Jeux de la Francophonie. Autrement dit, il y a presque trente ans. Ils n’ont d’ailleurs pas fait long feu sous les coups des vandales mués en spot et lumière noire dans des foyers où un appareil Hi-fi faisait partie d’un rêve qu’aucune nuit ne souhaite héberger.

Les Chinois ont tenté d’en mettre sur l’axe 67 ha- Andohatapenaka en 2007 mais cela n’a chanté qu’un seul été.

Entre-temps, c’est toute une nouvelle génération qui arrive. Selon l’Unicef, un enfant sur deux n’ont pas fini l’école primaire et seuls 22 % des élèves ont fini le niveau secondaire. Il n’est pas étonnant qu’avec un tel niveau d’éducation de la population, il est difficile d’entamer des réformes ou des assainissements de la circulation, des marchands de rue, de l’entretien des canaux d’évacuation, de la gestion des ordures ménagères...Tout effort se heurte à l’anarchie et au vandalisme des biens publics. Les petits bacs à ordures autour de l’Avenue de l’indépendance disparaissent sitôt installés par la CUA. L’éclairage solaire planté autour du lac Anosy était mort-né. Le grillage de protection du lac Anosy trouve une seconde vie dans les poulaillers. La passerelle surplombant les quatre voies d’Anosibe pour préserver les piétons des accidents, ne sont plus que des squelettes métalliques ressemblant à une certaine création artistique. 

On n’oublie pas le sort des panneaux de signalisation et de tout ce qui est métal. On circule dans les rues de Tana avec les souvenirs et l’habitude sinon la monotonie et tout le monde s’y fait. Les accidents sont plutôt rares là où la priorité appartient à tout le monde, où le sens interdit n’a aucun sens.

 On se demande donc comment les Tananariviens de la GEN Z, toutes couches sociales confondues, vont faire pour se familiariser avec ce nouvel artifice, aussi bien les piétons que les automobilistes. Ce n’est pas évident d’attendre le vert pour passer juste après l’orange.

Ailleurs, les motos passent sans s’arrêter quelle que soit la couleur. 

On se demande si des feux tricolores seront également installés dans les carrefours où la circulation est ingérable comme à Anosibe, Anosizato, Ampitatafika, Ankadimbahoaka, Ambohitrarahaba, 67 ha, Itaosy, Tanjombato, Mahazo...

Comme les feux n’ont pas l’autorité des agents de police, on doute fort qu’on retombe dans la même galère. Qu’il n’en soit pas ainsi.

Sylvain Ranjalahy 

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