L’engagement des femmes apparaît plus que jamais comme un levier essentiel du développement de Madagascar. Présentes dans tous les secteurs de la société, que ce soit en politique, dans l’économie, l’entrepreneuriat, la sécurité et la défense, ou encore l’éducation et la vie communautaire, elles contribuent chaque jour à bâtir une société plus résiliente et inclusive. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, retrouvez dans cette édition des portraits et des interviews de femmes qui font bouger les lignes.
HARILALA RAMANANTSOA - « La ville a besoin de plus de femmes engagées »
Pouvez-vous nous résumer votre parcours en quelques mots ?
Je suis maire de la Commune urbaine d’Antananarivo, mais aussi mère, épouse et grand-mère. J’ai commencé l’entrepreneuriat à 19 ans, en apprenant le métier par le travail et la rigueur. J’ai d’abord fabriqué des meubles, puis travaillé dans la restauration, la location de voitures et le transport de marchandises. À 24 ans, j’ai créé une entreprise d’organisation d’événements et de communication. J’ai obtenu le trophée du jeune entrepreneur en 2005. J’ai mis en place des événements comme la grande braderie et j’ai dirigé des équipes et des réseaux de distribution comptant jusqu’à 900 personnes. En 2010, je me suis présentée aux élections municipales avec un programme d’amélioration de la ville. En 2024, j’ai été nommée présidente de la délégation spéciale (PDS) d’Antananarivo, puis candidate en 2025, avant d’être élue maire.
À l’occasion du 8 mars, quel regard portez-vous sur la situation des femmes dans la capitale aujourd’hui?
Plus de 50 % des habitants d’Antananarivo sont de jeunes femmes. Leur participation au développement de la ville est essentielle et elles doivent disposer des moyens nécessaires pour s’épanouir. En tant que mairesse, je privilégie la scolarisation et la formation des jeunes femmes. L’orientation professionnelle et la réussite scolaire des filles sont des priorités, tout comme la protection de leur santé et de leur sécurité.
Comment la commune collabore-t-elle avec les associations féminines ?
La commune travaille avec les structures qui soutiennent la population et avec les institutions engagées dans l’amélioration des conditions de vie. Nous mettons en œuvre des projets d’infrastructures et des actions de protection. Des laboratoires d’innovation sociale existent dans plusieurs arrondissements, et des centres d’écoute sont disponibles pour accompagner les victimes de violences.
Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes et aux jeunes filles d’Antananarivo ?
Le présent ne définit pas l’avenir. Même si le début peut être difficile, les femmes disposent de toutes les capacités pour atteindre leurs objectifs. Il faut se soutenir mutuellement et croire en soi. Les femmes sont des modèles de résilience, par leur engagement et leurs idées. Même celles qui ne travaillent pas à l’extérieur jouent un rôle essentiel en prenant des responsabilités. Leur contribution est indispensable à la société.
Plus de femmes en politique serait-il un atout ?
La commune compte de nombreux hommes dans l’administration, mais les femmes apportent une attention particulière aux détails et aux aspects humains de la gestion, ce qui est un atout pour la gouvernance. Il est important qu’elles puissent s’exprimer et participer au développement. Puisqu’elles représentent plus de 50 % de la population de la capitale, leur implication est essentielle pour le développement de Madagascar.
Comment concilier vie personnelle et vie professionnelle ?
Après plusieurs années d’entrepreneuriat, j’ai appris à définir mes priorités. Il faut expliquer les situations à la famille, car il y a toujours des sacrifices. Mon enfant, asthmatique, a été hospitalisé chaque mois pendant sept ans, sans matériel médical à la maison. Être mère implique de faire face aux difficultés. L’organisation et la concentration permettent de concilier responsabilités familiales et professionnelles.
Quelles actions sont mises en œuvre pour améliorer la sécurité et la qualité de vie ?
La lutte contre le tapage nocturne, la sécurité des déplacements et l’amélioration des infrastructures sont des enjeux majeurs. L’accès aux latrines, à l’eau potable et aux structures d’accueil pour les enfants aide les familles à vivre dans de meilleures conditions. La bonne gouvernance est essentielle pour répondre aux besoins des citoyens et garantir leurs droits. La ville doit également faire face à une forte croissance démographique, avec environ 100 000 nouveaux habitants chaque année, ce qui complexifie la gestion urbaine. Des solutions doivent être mises en œuvre pour améliorer la qualité de vie et accompagner ce développement.
Mialisoa Ida
DR MINOSOA ANJARATIANA ELIA RAZAFINDRIANIAINA - « Il a parfois fallu que je démontre plus intensément ma volonté et mes capacités »
Dr Minosoa Anjaratiana Elia Razafindrianiaina, ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, revient sur ses motivations et les obstacles rencontrés en tant que femme dans un domaine encore majoritairement masculin.
Pouvez-vous nous raconter votre parcours avant d’accéder à votre poste ministériel ?
Mon parcours est celui d’une femme malgache engagée dans le développement de son pays. Titulaire d’un doctorat en économie obtenu à l’Université d’Antananarivo, j’ai occupé plusieurs responsabilités, notamment directrice générale de l’Office national de l’emploi et de la formation.
J’ai ensuite été secrétaire générale et directrice générale au ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, tout en exerçant comme enseignante-chercheure dans les universités de Toamasina et de Moramanga. J’ai par la suite rejoint le ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, d’abord comme secrétaire générale, avant d’en devenir aujourd’hui la ministre.
Qu’est-ce qui vous a motivée à assumer des responsabilités publiques ?
Ma motivation vient d’une conviction profonde. Œuvrer pour le bien commun est l’une des plus nobles manifestations d’engagement.
Au fil de mon expérience, j’ai fréquemment rencontré des situations sociales complexes, comme des jeunes en quête d’emploi, des familles privées de services indispensables, des collectivités qui n’ont pas accès à l’eau potable. Ces circonstances m’ont persuadée qu’une action est envisageable, tant que l’on possède la détermination, la rigueur et le sens du service public. Accepter des responsabilités publiques, c’est prendre en charge des solutions au bénéfice d’autrui.
Quels obstacles avez-vous rencontrés en tant que femme dans ce domaine ?
À l’instar de nombreuses femmes occupant des postes décisionnels, il a parfois fallu que je démontre plus intensément ma volonté et mes capacités. On considère encore les rôles de leadership comme étant principalement masculins.
Je suis fermement persuadée que les femmes apportent une force particulière dans la gouvernance, c’est-à-dire la résilience, la capacité d’écoute, l’aptitude à combiner une vision stratégique avec une attention portée aux réalités humaines. Les obstacles sont présents, mais ils ne doivent jamais se transformer en entraves. Inversement, il est nécessaire d’inciter les femmes à avoir plus de confiance en leurs compétences et à affirmer leur position.
Quels sont vos principaux objectifs en tant que ministre ?
Mon objectif est clair: garantir l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène dans des conditions dignes et durables pour chaque Malgache. Il est nécessaire d’accélérer les projets d’envergure, de perfectionner la gestion des infrastructures actuelles et de consolider la coopération avec les partenaires financiers et techniques.
Je porte une attention particulière aux groupes les plus vulnérables, car l’accès à l’eau est un droit primordial et un levier essentiel pour la santé, l’éducation et le développement durable.
Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes à l’occasion du 8 mars ?
Toutes les femmes malgaches ont une importance cruciale dans la transformation de notre société. Chaque femme, peu importe son domaine d’activité, peut participer à l’avancement de notre nation. Il est essentiel de croire en ses compétences, de faire preuve de persistance et de ne jamais renoncer à ses ambitions. Le leadership au féminin ne se résume pas à une question de représentation, c’est un atout précieux pour notre pays. Ensemble, nous avons la possibilité de construire une société plus équitable, plus inclusive et axée sur l’avenir.
Miangaly Ralitera
FELANIAINA MARIE JEANNIE RAKOTOARISON - Femme engagée de la police municipale et membre de l’équipe nationale de rugby Maki de Madagascar
Je souhaitais exercer un métier utile à la société. Ma pratique du sport, discipline exigeante, m’a aussi encouragée à rejoindre ce domaine. Elle m’aide à maintenir une bonne condition physique et à développer la discipline, la maîtrise de soi et la capacité à gérer des situations parfois tendues sur le terrain.
Depuis combien de temps exercez-vous ce métier et quel a été votre parcours ?
J’ai intégré la police municipale en 2021. Depuis, je m’investis pleinement dans mes missions de maintien de l’ordre, d’assainissement et de proximité avec la population. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre les réalités du terrain et de renforcer mon sens des responsabilités au service public.
Comment se déroule votre quotidien en tant que femme dans la police municipale ?
Dans la vie quotidienne, je bénéficie du respect des habitants et je suis souvent reconnue. Mon travail me met en contact direct avec la population, ce qui renforce la confiance et la proximité avec les citoyens.
Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontée sur le terrain ?
Lors des opérations d’assainissement, certaines situations peuvent devenir tendues. Les réactions des personnes concernées sont parfois vives, notamment lorsqu’il faut demander aux vendeurs de libérer les lieux. Dans ces cas, un avertissement est d’abord donné afin de privilégier le dialogue et le respect des procédures.
La présence des femmes apporte-t-elle une approche différente dans les missions de la police municipale ?
Aujourd’hui, 57 femmes exercent au sein de la police municipale. Cette diversité est un atout. Les femmes peuvent également assurer des missions de protection, notamment en devenant gardes du corps de la magistrate de la ville, ce qui montre l’étendue des responsabilités possibles.
Qu’est-ce qui vous rend la plus fière dans votre métier ?
Je suis fière de contribuer à l’organisation et au maintien de l’ordre. Lorsque des personnes sont interpellées, je peux intervenir pour garantir le bon déroulement des opérations et le respect des procédures.
Un message aux femmes et aux jeunes fil les intéressées par les métiers de la sécurité.
Le métier de police municipale n’est pas réservé aux hommes. Les femmes ont toute leur place dans ce domaine, car il demande du courage, de la détermination et une forte capacité d’engagement. La sécurité est un travail collectif où chacun, homme ou femme, peut apporter sa contribution au service de la population.
Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie personnelle ?
Je suis mère et je m’efforce d’organiser mon temps pour concilier travail et famille. Le matin, je prépare les activités de la journée, et le soir, je m’investis dans l’éducation de mon enfant. Cette organisation me permet de remplir mes responsabilités professionnelles tout en restant présente pour ma famille.
Mialisoa Ida
JEANNIE RAVO RAVELOTODIHERISOA - « Les femmes peuvent contribuer aux missions de protection »
Jeannie Ravo Ravelotodiherisoa, sapeur-pompier de Première classe, témoigne de son parcours et de l’engagement des femmes dans la protection et le secours à la population malgache.
Qu’est-ce qui vous a poussée à devenir sapeur-pompier, un métier longtemps réservé aux hommes ?
Les missions des sapeurs-pompiers m’ont toujours intéressée. J’ai eu l’occasion de les côtoyer et de constater l’importance de leur rôle au service de la population. Lorsque le recrutement a été ouvert aux femmes en 2021, j’ai immédiatement saisi cette opportunité. Je voulais contribuer aux missions de protection et d’assistance, tout en participant activement à la sécurité des citoyens.
Depuis combien de temps exercez-vous ce métier et quel a été votre parcours pour intégrer le corps des sapeurs-pompiers ?
Je compte aujourd’hui cinq années de service. Je fais partie de la première promotion de femmes à intégrer le corps des sapeurs-pompiers. Après avoir réussi le concours, j’ai suivi une formation de 45 jours à Manjakandriana, avant de poursuivre avec une formation de base de sapeur-pompier à Tsaralalana. Ces étapes ont constitué le socle de mon engagement dans cette profession.
Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontée en tant que femme dans cette profession ?
Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières. Dès le début, la formation prévoit une préparation physique et technique adaptée. Les exercices quotidiens permettent de maintenir la condition physique et de se préparer aux interventions, ce qui aide à aborder les missions avec confiance.
Pouvez-vous nous raconter une intervention qui vous a particulièrement marquée dans votre carrière ?
Un moment marquant remonte au 15 janvier 2022, lors de la sortie de promotion, après la fin de tous les stages. Le soir même de la cérémonie, j’étais déjà de garde. Dans la nuit, nous avons été appelés pour une intervention à Anosipatrana, où un incendie s’était déclaré dans un bâtiment. Une personne âgée se trouvait à l’intérieur et a malheureusement perdu la vie. Nous avons d’abord sécurisé la partie inférieure du bâtiment avant de poursuivre l’intervention pour maîtriser le feu. Cette opération m’a profondément marquée. C’est à ce moment-là que j’ai réellement pris conscience que j’étais devenue sapeur-pompier.
Le métier de sapeur-pompier demande une grande endurance physique et mentale. Comment vous préparez-vous pour répondre à ces exigences ?
Il est indispensable d’avoir une bonne condition physique et de réussir une visite médicale complète répondant aux normes. Mais la préparation mentale est tout aussi importante. Ce métier exige de la discipline, de la détermination et une grande capacité à gérer des situations d’urgence.
Que représente pour vous le fait d’être une femme engagée dans la protection et le secours à la population ?
C’est aussi une manière d’ouvrir la voie à d’autres femmes. Aujourd’hui, elles sont vingt-deux au sein du corps, et leur présence suscite déjà de l’intérêt. L’objectif est d’encourager davantage de femmes à s’engager dans ce métier, dans toutes les régions, et à occuper également des postes de responsabilité.
Que diriez-vous aux jeunes filles qui souhaiteraient suivre la même voie que vous ?
Rien n’est impossible pour les femmes. Celles qui souhaitent devenir sapeurs-pompiers doivent être prêtes à s’engager pleinement dans ce métier exigeant. Il faut disposer au minimum du BEPC, mais aussi faire preuve de discipline, de détermination ainsi que d’une bonne condition physique.
À l’occasion du 8 mars, quel message souhaitez-vous adresser aux femmes qui travaillent dans des métiers dits « difficiles » ou « à risque » ?
Selon le slogan « Ampela mahery », les femmes doivent être fortes à la fois mentalement et physiquement. Il est important de pratiquer des activités utiles et de faire du sp ort, qui permet non seulement de renforcer le corps, mais aussi de mieux gérer le stress.
Mialisoa Ida
HOLINIAINA EDMONDINE RAFARAMALALA -« L’autonomisation financière dépend de la volonté de changer »
Holiniaina Edmondine Rafaramalala, résidant à Andrefan’Ambohijanahary (4e arrondissement), fait partie du LABIS – Laboratoire d’Innovation Sociale, une structure qui accompagne l’insertion sociale, citoyenne et professionnelle des jeunes mères célibataires déscolarisées âgées de 15 à 29 ans.
Mère de trois enfants âgés de 7, 4 et 2 ans, elle compte parmi les bénéficiaires des activités et des formations proposées par l’organisation. Elle a suivi plusieurs sessions de renforcement de capacités, notamment en formation professionnelle, en gestion et en gestion financière. Selon elle, ces apprentissages ont entraîné des changements notables dans sa vie personnelle et familiale. « Les formations m’ont beaucoup apporté. Elles ont changé ma manière de voir la vie et de gérer mon foyer, tout en ayant un impact positif sur la société », explique-t-elle.
Elle a notamment suivi des formations en informatique, en français et en life skills. Ces apprentissages lui ont permis de mieux organiser son quotidien et de renforcer sa capacité à faire face aux difficultés. Elle souligne également avoir pu transmettre une partie de ces acquis à ses enfants.
Aujourd’hui, elle gère une gargote, une activité qu’elle a pu développer grâce aux connaissances acquises sur la gestion et la répartition des revenus et des dépenses. Elle a également bénéficié d’un accompagnement qui l’a aidée à poursuivre et à développer son activité.
Selon elle, son parcours montre que le fait d’être mère célibataire ne constitue pas un obstacle à la réalisation de ses objectifs. Avec des formations et un appui adaptés, il est possible d’avancer et de réussir. Elle continue ainsi de s’impliquer dans les activités de l’organisation, tout en développant ses activités commerciales.
Mialisoa Ida
FEMME EN SITUATION DE HANDICAP - Georgia Rasoazananoro multiplie les engagements
Au-delà de ses activités professionnelles, Rasoazananoro joue un rôle central dans sa communauté. Elle gère une association de personnes en situation de handicap de 66 membres. Elle supervise, par ailleurs, la distribution des aides fournies par l’État.
Son engagement va encore plus loin : elle participe à la mobilisation des électeurs pendant les élections. « Ces missions m’ont été confiées, car je bénéficie de la confiance des autorités locales et des bénéficiaires, de la commune d’Ambavahaditokana où je vis jusqu’au ministère », pense-t-elle.
Malgré quelques difficultés liées aux déplacements et aux préjugés sociaux, elle reste déterminée à promouvoir les droits des femmes et le respect des personnes en situation de handicap. Pour Rasoazananoro, la réussite repose sur la formation, la rigueur et la maturité professionnelle.
Miangaly Ralitera
DÉFENSE D’ESPÈCES PROTÉGÉES - Gilbertine Rasoanirina en première ligne
« En 2016, nous avons reçu des informations selon lesquelles un tout-terrain venait ramasser des tortues dans notre zone. Nous sommes descendus sur le terrain, en pleine nuit, à pied et munis de lampes torches. Les trafiquants ont pris la fuite, nous n’avons pas pu les arrêter. Heureusement, nous avons pu relever le numéro d’immatriculation du véhicule et alerter la police routière. Le véhicule a été intercepté, et les 840 tortues ont été restituées à leur milieu naturel », se souvient-elle, évoquant l’une de ses plus grandes réussites.
Son engagement l’expose parfois à des menaces de la part des trafiquants et de leurs familles. « Cela s’est produit même dans un tribunal », raconte-t-elle. Sa mission l’amène à parcourir des kilomètres à pied, à gravir des montagnes et à affronter le soleil brûlant du Sud de Madagascar, tout cela pour protéger les espèces menacées.
Pour Gilbertine Rasoanirina, le métier ne devrait pas dépendre du sexe : « Tout ce qu’il faut, c’est une bonne dose de volonté », affirme-t-elle. Elle encourage particulièrement les femmes qui s’engagent dans des métiers à risques à croire en leur capacité à relever les d éfis.
Miangaly Ralitera
Mialisoa Ida, Miangaly Ralitera






