La célébration du 79ème anniversaire de l’événement du 29 mars 1947 à Mahajanga n’a pas dérogé à la règle, comme chaque année.
La cérémonie de dépôt de gerbes sur la place du 29 mars, au jardin Cayla à Marovoto, a été arrosée par une courte pluie fine, dans la matinée de dimanche dernier. Les autorités civiles, dirigées par le préfet de Mahajanga, et militaires, ainsi que des élus de la ville et surtout les représentants des anciens combattants, ont assisté au traditionnel anniversaire.
Nicolas Rabenandrasana, préfet de Mahajanga, a représenté les autorités au dépôt de couronne avec le représentant des forces de défense et de sécurité. Lors du culte de bénédiction organisé par la FFKM, le prêtre de l’Église catholique, qui a animé l’homélie, a expliqué que le développement du pays doit commencer par la prise de responsabilité, samedi dernier, à la FJKM Ziona vaovao à Mangarivotra.
« Le mot rénovation ou fanavaozana a déjà existé depuis le 15ème siècle dans la Bible et dans le livre de la Genèse (chap. 1, verset 2) et également à la fin de la Bible dans l’Apocalypse (chapitre 21, verset 5). L’événement du 29 mars 1947 était un soulèvement populaire et une révolte contre l’esclavage et la colonisation. Nos ancêtres ont vécu un véritable esclavage sous toutes ses formes, avec des travaux forcés, un SMOTIG très faible, et ils n’avaient pas le droit de se soigner. Les Melamba et V.V.S étaient alors apparus. La lutte n’est pas encore terminée. Les Malgaches ne savent pas exploiter leurs richesses et ressources, cela nécessite un changement. Nous ne prenons pas nos responsabilités, c’est pourquoi on n’avance pas, on ne se développe pas. Madagascar est riche, mais la population est pauvre. C’est ce qui est expliqué dans l’épître aux Romains, chapitre 12/2 : « Laissez Dieu vous transformer en vous donnant une intelligence nouvelle» (miovà amin’ny fanavaozana ny saina). Il faut chercher Jésus. Il est le seul qui peut nous amener au changement et à la transformation. Le Christ seul peut changer, rénover, pour pouvoir développer la nation et jouir de nos richesses. Dieu peut transformer tous les hommes », a sermonné le prêtre.
Le préfet de Mahajanga était unanime quant à ce changement de mentalité, lors de son intervention. « C’est l’attitude qui doit changer. Nous revendiquons notre droit, notre liberté. Mais actuellement, on vend notre pays (mivarotra tanindrazana ankehitriny no ataontsika, manandevo ny namantsika), le pays n’avance pas. À Mahajanga, l’homicide et la cruauté sont devenus le lot du quotidien. On est en train de s’entretuer. Or, 60% de la population sont des chrétiens. Il faut changer de mentalité et penser à ce que nos actions apportent un changement. De plus, Mahajanga n’appartient pas à une seule personne », a déclaré le préfet.
Vero Andrianarisoa