COOPÉRATION MILITAIRE - Madagascar mise sur le multilatéralisme

Le déploiement opérationnel de l’exercice Papangue 2026 a débuté hier. En parallèle, les échanges entre la presse et les chefs militaires ont porté sur la géopolitique régionale.

Poignée de main entre le général Pikulas et le général De Monicault à l’issue  de la conférence de presse d’hier.

Une coopération tous azimuts. Cette doctrine diplomatique de l’État s’applique également au volet militaire, à en croire les déclarations du général Démosthène Pikulas, chef d’état-major des armées (CEMA), lors d’une conférence de presse marquant la première journée du déploiement opérationnel de l’exercice militaire Papangue, hier.

Cette conférence de presse s’est tenue à bord du porte-hélicoptères amphibie Le Dixmude, bâtiment principal de la mission Jeanne d’Arc, un groupe naval de l’armée française. Durant cet échange, le retour de l’armée russe dans la zone océan Indien, via le renforcement de sa coopération avec Madagascar, a été évoqué devant les chefs militaires que sont le général Pikulas et le général Jean de Monicault, commandant supérieur des Forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI), la France et Madagascar étant les coorganisateurs de Papangue 2026.

« La question n’est pas de savoir pourquoi ou comment travailler avec les Russes. Elle est de définir dans quel domaine cette coopération peut s’exercer. Madagascar est un pays libre et souverain, et nous essayons de travailler avec tout le monde. (…) Le véritable enjeu n’est pas de savoir avec qui travailler, mais de bien définir ce que nous allons faire, avec quel pays et avec quelle force », réplique le général Pikulas, en rappelant les liens militaires historiques entre la Grande Île et la France, mais aussi avec la Russie.

Pour sa part, le général De Monicault a cherché à être moins direct dans sa réponse. « Nous sommes dans un moment particulier de l’histoire du monde. Et nous, soldats, avons la responsabilité, devant l’histoire, de faire en sorte que chacun d’entre nous contribue à protéger nos concitoyens contre les dangers du moment. 

Opération de charme

C’est notre responsabilité», déclare-t-il, en insistant sur la coopération et l’interopérabilité des forces régionales. Il note, néanmoins, qu’outre la guerre au Moyen-Orient, le conflit déclenché par la Russie en Ukraine est l’un des faits qui font que nous vivons un moment particulier de l’histoire.

Dans ce contexte géopolitique régional et mondial singulier, l’exercice Papangue 2026 s’apparente à la fois à une opération de charme et à une démonstration de force. Une opération de communication spécifique est organisée autour de l’événement pour lui assurer une visibilité régionale. Un dispositif logistique particulièrement important est également déployé par l’armée française cette année, notamment avec l’engagement de la mission Jeanne d’Arc.

« Ce n’est ni l’un ni l’autre, ou peut-être les deux. (…) Après, le fait de le faire en terrain libre et aux yeux du monde, ça montre aussi quelque chose. Tout un chacun peut constater que nos forces conjointes ont une interopérabilité. Que nos forces conjointes travaillent ensemble. Que nos forces conjointes ont des capacités. Que nos forces conjointes sont mobilisées vers un objectif commun, qu’est la stabilité régionale », répond le général De Monicault, questionné sur ce point.

Huit bateaux, neuf aéronefs, des drones de reconnaissance et de transport d’équipement, des drones marins, ainsi que des blindés servant au transport de troupes, dénommés Griffon, de même que plusieurs camions de transport de troupes, sont à la disposition des deux mille militaires participants. Le plus impressionnant est Le Dixmude, avec ses 200 mètres de long, 32 mètres de large et une hauteur équivalente à celle d’un immeuble de plusieurs étages, capable de transporter des dizaines de véhicules, trois barges de débarquement et disposant de six spots d’envol pour les hélicoptères.

Garry Fabrice Ranaivoson

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