Dans une déclaration, hier, plusieurs organisations de la société civile réaffirment l’appel à la dissolution de la Ceni. Elles refusent ainsi d’élire des représentants au sein de l’entité électorale.
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| Les représentants des organisations de la société civile durant la déclaration d’hier, à Ambatonakanga. |
Un refus catégorique. C’est ce que quatre-vingt-une Organisations de la société civile (OSC) ont affirmé dans une déclaration faite hier, à Ambatonakanga. Elles refusent de prendre part au processus de désignation ou d’élection des nouveaux membres de la formation permanente de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).
Selon la loi qui l’institue, la formation permanente de la Ceni est composée de neuf membres. Deux d’entre eux sont élus par les organisations de la société civile légalement constituées et œuvrant dans le domaine de l’observation des élections. “Le remplacement des membres de la Ceni est rejeté et considéré comme une dépense inutile pour un pays déjà en difficulté, d’autant plus que cette institution n’est pas digne de confiance et n’a pas de rôle effectif à jouer dans sa forme actuelle”, soutiennent les signataires de la déclaration d’hier.
Les OSC qui adhèrent à cette déclaration rappellent qu’elles ont toujours affirmé que la Ceni, “tant dans sa structure que dans sa composition, doit être supprimée et entièrement refondée”. Elles enchaînent en soutenant que “dans sa configuration actuelle, la Ceni n’inspire pas confiance et ne peut en aucun cas piloter la réforme du cadre, des lois et du système électoral”.
Plutôt que de renouveler les membres de la formation permanente de la Commission électorale, les OSC recommandent, au contraire, “la dissolution de cette structure”, et de laisser à son secrétariat exécutif la gestion des affaires courantes en attendant la mise en place d’une nouvelle entité de gestion des élections. Le processus de désignation ou d’élection des nouveaux membres de la formation permanente de la Ceni a été déclenché par la démission des huit anciens membres. Une démission constatée par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), dans une décision publiée jeudi.
Préparatifs électoraux
Dans une émission diffusée sur la Radio Madagasikara (RNM), dimanche, Thierry Rakotonarivo, président de la Ceni, a répliqué aux multiples appels à la dissolution de la Ceni. Il a expliqué que le maintien en place de la Commission électorale découle de la décision de la HCC du 14 octobre, dans laquelle elle édicte que les institutions et organes prévus par la Constitution poursuivent leur mission. Il ajoute que la concertation nationale, qui commencera incessamment, décidera de l’avenir de la Ceni.
“Ensuite viendront les élections, où la majorité des Malgaches pourra exprimer sa véritable opinion. Car ce ne sont pas ceux qui parlent le plus ou le plus souvent qui peuvent être considérés comme représentant l’avis de la majorité”, soutient Thierry Rakotonarivo. En principe, la concertation nationale découle sur un référendum ou une élection constitutionnelle et une élection présidentielle. Tout ce processus devant être bouclé en vingt-quatre mois.
Le président de la Ceni explique, par ailleurs, que c’est la nécessité de démarrer “dès maintenant” les préparatifs des prochaines échéances électorales qui motivent la mise en place des nouveaux membres de la formation permanente de cette entité. “Nous ne pouvons pas attendre la fin de la concertation nationale pour commencer les préparatifs des élections, si nous voulons respecter le délai de vingt-quatre mois”, indique-t-il, en ajoutant que “ces préparatifs commencent par la refonte de la liste électorale qui nécessite douze à quatorze mois”.
Cependant, à s’en tenir à leur déclaration d’hier, les OSC qui l’ont signée ne veulent plus entendre parler de la Ceni dans sa structure et sa formation actuelle. Toutefois, selon la loi qui institue la Commission électorale, “le défaut ou le retard de désignation ou d’élection de son représentant par chaque entité ne constitue pas un obstacle au bon fonctionnement de la Ceni”.
Garry Fabrice Ranaivoson
