CIRCULATION - Des usagers paient le prix fort des embouteillages

Des embouteillages persistants perturbent la circulation dans la capitale. De nombreux usagers dépensent plus pour arriver à temps.

Les embouteillages s’intensifient dans plusieurs quartiers d’Antananarivo, rendant les déplacements de plus en plus difficiles pour les usagers. Coincés dans des bouchons à répétition, de nombreux passagers des transports en commun sont contraints de dépenser davantage pour arriver à destination à temps. Face aux retards des taxis-be et des bus, certains se tournent vers des solutions alternatives, comme les taxis-moto, nettement plus coûteuses.

« Tous les matins, c’est la même galère. Je pars tôt, mais je peux rester bloqué plus d’une heure sans avancer. Quand je vois que je vais être en retard, je descends et je prends un taxi-moto. Ça peut me coûter deux à trois fois le prix normal », témoigne Sitraka, employé de bureau habitant à Andoharanofotsy.

Ces derniers temps, la situation est particulièrement critique dans plusieurs axes stratégiques, notamment à Ankorondrano, Ankadimbahoaka, Analamahitsy, Anosizato ou encore Andohatapenaka.

Même constat pour Miangola Ramaroson, étudiante résidant à Ampitatafika : « J’ai déjà raté des cours à cause des embouteillages. Maintenant, quand j’ai un examen ou un cours important, je prévois un budget en plus pour prendre un taxi-moto. Ce n’est pas facile, mais je n’ai pas vraiment le choix »

Pour de nombreux ménages, cette situation pèse lourdement sur le budget. « Mon salaire ne change pas, mais mes dépenses augmentent. Entre le transport habituel et les solutions de secours, ça devient difficile de joindre les deux bouts », confie un père de famille.

Au-delà du coût, le stress est également omniprésent. « On est toujours pressé, toujours inquiet d’arriver en retard. Même en partant en avance, on n’est jamais sûr d’arriver à l’heure», déplore une commerçante.

Plusieurs facteurs expliquent cette congestion persistante, notamment l’augmentation du nombre de véhicules, souvent anciens, l’insuffisance des infrastructures routières, les travaux en cours, mais aussi l’indiscipline de certains usagers et les arrêts anarchiques. À cela s’ajoutent des dysfonctionnements dans la gestion du trafic. 

« Avec le système de double sens alterné, certains sont avantagés. Nous attendons parfois des heures avant d’avancer, alors que l’autre file reste bloquée », témoigne un usager de la RN1.

Les zones à forte activité, comme Analakely ou Behoririka, concentrent une grande partie des flux, aggravant les embouteillages aux heures de pointe. La croissance démographique accentue également la pression. La population de la capitale est passée d’environ 300 000 habitants dans les années 1960 à plus de 3 millions aujourd’hui, sans que le réseau routier n’évolue au même rythme.

Face à cette situation, certaines pistes sont avancées. « Nous encourageons désormais la mobilité douce, notamment la marche et le vélo, afin de réduire la pression sur les routes et la pollution », indique une source auprès de la Commune urbaine d’Antananarivo.

Mialisoa Ida

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