Choc de tirans

A quoi sert l’ONU ? À publier des communiqués de blâme et de désapprobation. Après avoir kidnappé le président vénézuélien Nicolas Maduro, les États-Unis et Israël ont bombardé l’Iran et tué le Guide iranien Ali Khamenei et plusieurs têtes de pont du pouvoir des Mollahs. Le tout se déroule au nez et à la barbe de l’ONU, totalement impuissante face aux agressions israélo-américaines, incapable de prendre des sanctions ni des mesures coercitives. Les Américains n’ont même pas eu un carton jaune dans l’affaire Maduro, et rien ne semble pouvoir les arrêter. L’Iran est accusé d’être un État terroriste susceptible de recourir à l’arme nucléaire. Après l’échec des négociations, les États-Unis et Israël sont passés à l’acte. Le droit international n’a plus aucun sens quand un État attaque ouvertement un autre, sous prétexte qu’il constitue une menace pour l’humanité. 

Dans ce cas d’espèce, on se demande si l’ONU sert à quelque chose. Elle est censée régler les conflits à travers le monde et éviter les guerres à travers des médiations. Le fait est que les États-Unis et Israël montrent bel et bien au monde entier qu’aucune convention, aucun droit, et aucune loi ne peuvent les dissuader pour atteindre leurs objectifs. Ce n’est d’ailleurs pas nouveau car au cours de l’histoire, des faits similaires ont émaillé les années et les siècles. Le Vietnam et l’Irak restent gravés dans les mémoires. 

Pourtant, quand la Russie a attaqué l’Ukraine, elle a subi tout de suite les foudres des organisations internationales avec des sanctions économiques et commerciales. Même les instances sportives internationales, à l’image du Comité Olympique International et de la Fédération internationale de football association, ont tout de suite banni les athlètes russes et les équipes russes de toutes compétitions internationales. Il est clair qu’il y a deux poids, deux mesures manifeste. Comment veut-on que l’ONU puisse avoir une crédibilité internationale et rester impartiale ?

Et puis, la guerre n’a rien résolu, ni au Vietnam, ni en Irak, ni en Syrie, et sûrement pas en Iran. La guerre ne pourra pas exterminer tous les Iraniens, étant donné qu’une invasion terrestre est pratiquement impossible vu le relief de l’Iran et le nombre de sa population. Se débarrasser d’Ali Khamenei ne sera pas la panacée. D’autres prendront le flambeau. 

Les missiles peuvent tout détruire mais le feu sacré est inaliénable. C’est valable dans tous les pays. 

 On ne peut pas, bien évidemment, rester indifférent face à cette guerre qui tend à se propager dans plusieurs pays. L’Iran tire dans le tas pour se venger et sur les pays qui ont des bases américaines. Les fermetures du détroit d’Ormuz où passent 20% des marchandises mondiales, et de la mer rouge, le canal de Panama, auront inévitablement des conséquences plus ou moins graves dans les petits pays dont la vie dépend à 80% des produits importés. Mais qui sait, même les radiations d’une bombe atomique peuvent arriver sur nos frontières. Dans ce choc de tirans, le cerveau s’est déplacé dans bouton rouge.

Sylvain Ranjalahy 

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