À Berevo, les habitants ont découvert la partie inférieure du corps d’un garçon, victime d’un crocodile du fleuve Tsiribihina.
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| Des villageois remontent de l’eau la partie inférieure du corps de l’enfant tué par un crocodile. |
Hier en fin de matinée, les autorités de la commune de Berevo, dans le district de Belo-sur-Tsiribihina, ont confirmé la découverte du corps mutilé d’un garçon de 8 ans dans le fleuve Tsiribihina.
Selon la gendarmerie, seule la partie inférieure de la dépouille a pu être repêchée vers 11 h 15, le reste ayant été dévoré par le crocodile. L’animal, toujours introuvable, fait l’objet de recherches menées par les habitants et les forces de l’ordre.
Le drame s’est produit mercredi vers 11 heures. L’enfant, laissé sans surveillance, jouait et nageait au bord du fleuve lorsqu’il a été happé par le reptile. Celui-ci a saisi sa tête dans sa gueule et l’a entraîné sous l’eau sur près de cinquante mètres avant de réapparaître sur l’autre rive. Là, il l’aurait dévoré presque entièrement. Les villageois ont tenté de lancer des pierres, mais l’animal n’a pas réagi. Alertés, les gendarmes sont intervenus et ont ouvert le feu, sans parvenir à l’atteindre. Le crocodile a plongé et s’est enfui en suivant le cours du fleuve.
Danger permanent
À Berevo, c’est la première fois qu’un tel drame survient. Mais dans la commune voisine de Tsarahotana, les attaques de crocodiles sont plus fréquentes et plusieurs personnes ont déjà perdu la vie. Les autorités annoncent une campagne de sensibilisation auprès des riverains pour rappeler les règles de prudence. Le prédateur responsable devrait être abattu.
Le fleuve Tsiribihina, connu pour ses descentes touristiques, est régulièrement le théâtre de rencontres avec des crocodiles. Les habitants, pour se protéger, construisent parfois des barrières de bois afin de sécuriser les points d’eau. Mais les enfants continuent souvent à se baigner près des berges, exposant leur vie à un danger permanent.
Le Crocodile du Nil (Crocodylus niloticus), espèce la plus répandue à Madagascar, est protégé. Sa chasse ou sa capture nécessitent une autorisation spéciale. Toutefois, lorsqu’un animal représente une menace directe pour la population, les autorités peuvent décider de mesures exceptionnelles allant jusqu’à son abattage, d’après une source au ministère de l’Environnement.
Gustave Mparany
