Le coup d’envoi du championnat régional de basketball dans la région Diana n’a pas totalement répondu aux attentes. Malgré la volonté affichée des dirigeants de redynamiser la discipline, les premières journées de compétition ont été marquées par un démarrage plutôt timide.
| L’affluence reste en deçà des espérances. |
Du 29 mars au 5 avril, Antsiranana vit au rythme du basketball. Les catégories U14, U16 et U18 ouvrent la compétition durant cette période, tandis que les catégories supérieures — U20, N1B et Vétérans — sont programmées pour la Pentecôte, en raison d’un calendrier chargé.
La ligue régionale de basketball de la Diana regroupe cinq sections correspondants aux cinq districts de la région. Si la plupart ont répondu présent avec des équipes masculines et féminines, l’absence d’Ambanja se fait toutefois remarquer.
Dès le dimanche après-midi, joueurs, encadreurs et supporters se sont rassemblés dans un gymnase couvert dégradé et manquant de lumière, transformé pour l’occasion en véritable arène sportive. La cérémonie d’ouverture, ponctuée par un défilé des équipes participantes, a mis en lumière la diversité et la vitalité du basketball dans la région Nord de Madagascar.
Sur le terrain, les premières rencontres ont immédiatement donné le ton. Intensité, engagement physique et qualité technique étaient au rendez-vous, témoignant du niveau en constante progression des clubs engagés.
Dans la ville d’Antsiranana, pourtant considérée comme un bastion du basketball dans le Nord du pays, l’affluence est restée en deca des espérances. Les tribunes, clairsemées lors des premiers matchs, contrastent avec l’enthousiasme qui entourait autrefois les grandes rencontres régionales. Ce constat intervient alors même que la ligue régionale a lancé plusieurs appels à la mobilisation.
Certaines formations peinent encore à retrouver leur meilleur niveau. Entre préparation inégale, effectifs limités et contraintes logistiques, la qualité globale des premières rencontres s’en ressent. Néanmoins, quelques équipes se distinguent déjà et laissent présager une montée en puissance progressive. Parmi elles, l’équipe de la commune urbaine d’Ambilobe ASCUA et Celta Vigo d’Antsiranana (U16), avec une victoire de la première sur le score de 62 à 43.
Un déclin préoccupant
Derrière cette organisation, la réalité est pourtant plus préoccupante. Le basketball dans le Nord traverse une phase de déclin marquée. Autrefois soutenu par l’enthousiasme des jeunes et l’implication des clubs, le basketball bénéficiait également de l’appui d’entreprises publiques et privées telles que CDMD, Secren, PFOI, Jirama ou Sirama, dont les équipes ont marqué l’histoire en remportant des titres nationaux.
Aujourd’hui, ce modèle s’est effondré. Avec la disparition progressive d’une partie de ces entreprises, leurs clubs se sont éteints. Ceux qui subsistent peinent à survivre. Plus alarmant encore, la catégorie phare N1A est absente depuis plus de deux ans dans la région.
Les coachs des équipes s’accordent à dire que le principal obstacle reste d’ordre financier. Engager une équipe dans un championnat national représente désormais un investissement compris entre 10 et 18 millions d’ariary, notamment pour des déplacements vers des régions éloignées comme Toliara. Une somme hors de portée pour de nombreux clubs, contraints d’abandonner leurs ambitions.
Au-delà des moyens financiers, c’est également le manque d’engagement de certains dirigeants qui est pointé du doigt, avec une absence de vision à long terme pour le développement de la discipline.
Malgré ce contexte difficile, les nouveaux responsables de la ligue régionale affichent leur détermination à relancer le basketball dans la région. Leur retour à la tête de la structure s’inscrit dans une volonté claire de redonner à cette discipline sa place d’antan dans le Nord. Reste à savoir si cette nouvelle dynamique suffira à inverser la tendance.
« Une nouvelle ère s’ouvre actuellement pour le basketball dans la région Diana. Nous estimons avoir encore un rôle à jouer pour redresser et améliorer cette discipline. Le basketball du Nord a besoin d’un nouveau souffle », confie le nouveau président de la ligue, Fréjus Ramarosahanina, conscient de l’ampleur des défis à relever. Malgré ce départ en demi-teinte, l’espoir d’un renouveau reste présent.
Raheriniaina