8 MARS - Des progrès constatés dans le respect des droits des femmes

La Journée internationale des droits des femmes est célébrée de nouveau cette année à Madagascar. Si des avancées sont observées dans la promotion des droits des femmes, beaucoup reste encore à faire.

Des membres d’une association de femmes en provenance de Fitovinany exposent leurs produits à Mahamasina cette semaine.

La lutte pour le respect des droits des femmes enregistre des progrès, selon plusieurs associations et syndicats. De plus en plus de femmes sont scolarisées, poursuivent leurs études jusqu’à l’université, travaillent, participent aux élections et bénéficient d’un salaire égal à celui des hommes. « Il y a vraiment du changement dans notre communauté actuellement. Les hommes, par exemple, laissent leur épouse travailler, contrairement à autrefois où ils n’acceptaient pas que leurs femmes gagnent plus d’argent qu’eux », témoigne Odette Mauricia Chatelar, présidente d’une association de femmes dans la région Diana. Dans la région de Fitovinany, davantage de filles sont scolarisées et de femmes exercent une activité professionnelle, selon Émilienne Razanasoa, coordinatrice d’une association de femmes dans cette région.

Plusieurs initiatives ont été mises en œuvre pour favoriser l’accès des femmes à leurs droits.  Parmi elles figurent des projets pour encourager la scolarisation des filles et augmenter les revenus des femmes.

Sur le plan professionnel, le nouveau Code du travail insiste sur l’interdiction de toute forme de discrimination, directe ou indirecte. Des dispositifs ont également été mis en place pour faciliter la conciliation entre maternité et travail, notamment par l’installation de coins d’allaitement dans certains lieux de travail.

Par ailleurs, le nombre de femmes cheffes d’entreprise et de femmes occupant de hautes responsabilités ne cesse d’augmenter. Plusieurs centres ont également été créés pour protéger les filles et les femmes contre les violences, tandis que des campagnes de sensibilisation sont menées pour promouvoir une masculinité positive. Les femmes peuvent aussi participer pleinement à la vie politique, que ce soit en tant qu’électrices ou candidates aux élections.

Préoccupantes

Malgré ces avancées, de nombreux droits restent à conquérir pour les femmes. Les violences basées sur le genre demeurent préoccupantes. 

D’autres femmes se heurtent encore à des obstacles dans l’exercice de leurs droits reproductifs. 

La question de l’avortement thérapeutique reste également en suspens. Faute de cadre légal adapté, certaines femmes confrontées à des grossesses à risque recourent à des avortements clandestins, parfois au péril de leur vie.

Dans certaines régions, les femmes rencontrent encore des difficultés pour hériter.

Pour le Conseil national des femmes de Madagascar, l’égalité réelle est encore loin d’être atteinte. « Certaines personnes pensent que la situation est déjà satisfaisante. Mais pour analyser la situation globale, il faut surtout regarder la participation des femmes aux décisions politiques », estime Zoly Ramarolahisoa, membre de cette plateforme. Elle rappelle qu’au sein du gouvernement, seulement 13 % des ministres sont des femmes et que leur présence reste encore limitée parmi les députés, les maires ou les chefs de fokontany. « Pourtant, c’est dans ces sphères de décision que les femmes doivent être présentes si l’on veut réellement parler de progrès et de développement », conclut-elle.

Miangaly Ralitera

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