Vertige d’amour

Récemment, on est sorti d’une atmosphère remplie de l’envoûtant parfum, nimbée de son mystère toujours aussi insaisissable, de l’amour. Ceux dont le cœur brûle, attisé par le souffle ardent de l’amour, ont connu une intensification de cet embrasement féerique, idyllique et enchanteur. Durant cette journée, on réussit à contempler, dans toute sa grandeur, le côté lumineux de son visage ambivalent, où les traits éclatants cohabitent avec son côté sombre, qui a longtemps fasciné les générations successives.

Depuis longtemps, un culte est voué à l’amour, qui est vénéré depuis la nuit des temps et qui a réussi à garder un nombre énorme, et c’est un euphémisme, d’adeptes dont l’esprit est nourri par les textes qui lui ont été consacrés par l’histoire, ou par les représentations actuelles des mêmes archétypes à travers les œuvres cinématographiques ou télévisuelles plus contemporaines. Et depuis la nuit des temps, les figures immortelles sont celles de l’amour idéalisé, que beaucoup rêveraient d’éprouver.

Dans Le Banquet, le livre de Platon, on trouve le récit des androgynes : comment Zeus a scindé les corps qui, auparavant, avaient deux têtes, quatre jambes et quatre bras. Chacun se met ensuite à chercher la moitié perdue, l’âme sœur, et la retrouver peut être le début d’une histoire semblable à celles que vivent, pour le meilleur et pour le pire, ces personnages qui sont restés dans la mémoire collective.

De tout temps, le rêve d’un amour intense, comme celui du Grand Meaulnes, du roman éponyme d’Alain-Fournier, ou de Colin et Chloé de L’Écume des jours (B. Vian, 1947), est présent dans tant de consciences. Certains voudraient faire l’expérience d’un amour absolu, comme celui de la protagoniste de Lettre d’une inconnue (S. Zweig, 1922), capable aussi de transcender le temps et les aléas de l’existence, une force qu’illustrent le roman Les Pages de notre amour (N. Sparks, 1996) et son adaptation cinématographique N’oublie jamais (N. Cassavetes, 2004). Le 14 février, on se souvient de l’amour comme de ce qui peut apporter des instants de sublimes extases, mais aussi, comme le montrent ces œuvres emblématiques, les plus grandes souffrances.

Et nourrie par les apports culturels qui ont forgé, en nous, ces modèles, une grande partie de la vie peut être consacrée à la quête de cet amour rêvé. Mais toujours dans Le Banquet de Platon, on a le fameux discours de Diotime nous faisant comprendre que le désir implique toujours un manque. Ainsi, quand on célèbre l’amour, on exalte également cette soif d’idéal qui est une des principales forces motrices de l’histoire.

Fenitra Ratefiarivony

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