AMBILOBE - Tensions entre chauffeurs de taxis-brousse et taxis-moto

La tension est désormais palpable à Ambilobe. Un bras de fer oppose désormais les chauffeurs de taxis-brousse de la zone régionale et les conducteurs de taxis-moto.

Les taxis-moto répondent à un besoin réel de mobilité.

Depuis lundi, le conflit, qui couvait depuis des mois, éclate au grand jour. Les chauffeurs de la zone régionale et suburbaine d’Ambilobe ont manifesté contre la présence des taxis-moto sur leur ligne, plus précisément dans l’axe Ambilobe – commune rurale de Beramanja, sur la Route nationale 6, fraîchement réhabilitée.

Ils estiment que les taxis-moto empiètent sur leur clientèle, notamment pour les trajets courts et les liaisons entre les deux communes. Selon eux, cette nouvelle forme de transport, souvent plus rapide et plus flexible, accusée de « voler leur pain », détourne une partie importante des passagers et affecte ainsi leurs recettes, déjà fragilisées par la hausse des carburants et des charges d’exploitation. 

« Nous sommes organisés, nous payons nos autorisations et nos charges. Eux circulent librement et prennent les passagers directement avant même qu’ils n’arrivent à la gare », déplore Samir, un chauffeur de la coopérative locale.

De leur côté, les conducteurs de taxis-moto ne comptent pas céder, ils défendent leur droit au travail. Ils soulignent qu’ils répondent à un besoin réel de mobilité, particulièrement dans les zones mal desservies par les transports traditionnels. Pour eux, il ne s’agit pas d’une provocation, mais d’une nécessité. « Nous ne volons personne. Nous travaillons pour nourrir nos familles. Nous répondons à un besoin réel. Les gens nous appellent parce qu’ils veulent arriver vite et à moindre coût», rétorque un jeune conducteur.

Pour de nombreux usagers, les deux-roues représentent une solution pratique, rapide, flexible, disponible à toute heure et parfois moins coûteuse. Ainsi, ils séduisent une clientèle pressée.

Concertation

Face à cette divergence, les autorités locales et régionales ne sont pas restées inactives. Une réunion de concertation a été organisée lundi dernier, afin de tenter de résoudre le différend, pendant laquelle il a été difficile de parvenir à un consensus, car les chauffeurs de taxis-brousse restent fermement opposés à l’exploitation des taxi-motos sur cet axe.

Selon les explications du maire d’Ambilobe, Zella Carborel, les taxis-motos exercent dans l’informel depuis la coupure des ponts d’Ifasy et d’Ambilobe. Les autorités avaient même sollicité ces conducteurs pour assurer le transport des personnes entre les deux rives, faute d’alternative, les taxis-brousse ne pouvant plus circuler. Un arrêté régional avait même été pris pour autoriser temporairement cette activité.

Cependant, une fois la route bitumée, les taxis-motos ont poursuivi leur activité sur cette portion de trente kilomètres. Initialement au nombre de trois ou quatre, ils se sont progressivement multipliés pour dépasser aujourd’hui la centaine. Des tentatives de contrôle ont été menées. Toutefois, les conducteurs font preuve de solidarité et se regroupent au parking, compliquant toute intervention.

À ce jour, aucune décision officielle de la commune n’a autorisé l’exercice de cette activité. Les taxis-moto ne disposent ni d’association ni de coopérative et ne s’acquittent pas de patente, ce qui alimente les plaintes des taxis-brousse opérant légalement.

Raheriniaina

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