Albert Estel Ainanirina, directeur des Transports et de la mobilité urbaine au sein de la Commune urbaine d’Antananarivo, explique les défis ainsi que les enjeux de la circulation dans la ville d’Antananarivo.
Pourquoi la circulation est-elle devenue si difficile à Antananarivo ?
La circulation s’est fortement compliquée en raison de la croissance démographique rapide. La population est passée d’environ 300 000 habitants dans les années 1960 à plus de 3 millions aujourd’hui. Or, le réseau routier n’a pas évolué au même rythme. Les routes restent étroites et peu nombreuses. Certes, quelques infrastructures comme la rocade, le by-pass ou la route d’Ambohitrimanjaka ont été réalisées, mais elles ne suffisent pas à absorber le volume actuel du trafic. À cela s’ajoute la dégradation des chaussées, qui ralentit encore davantage la circulation.
Quelle est l’ampleur du trafic et où se situent les principaux points de congestion ?
On compte environ 4 500 taxis-be et 6 500 taxis-ville, sans oublier les voitures particulières, les motos, les charrettes et les chariots. Même si tous ne circulent pas simultanément, l’ensemble crée une forte pression sur la voirie. Les embouteillages sont fréquents à Ankadimbahoaka, Anosizato, Ampitatafika, Marais Masay, Ankorondrano et Ambohitrarahaba, surtout aux heures de pointe. Les périodes de fêtes, la rentrée scolaire et les saisons d’été aggravent également la situation.
Quelles solutions concrètes sont envisagées pour améliorer la mobilité urbaine ?
Nous encourageons désormais la mobilité douce, autrement dit des modes de transport alternatifs et non motorisés, comme la marche et le vélo, afin de réduire la pression sur les routes et la pollution. Des projets sont menés avec les forces de l’ordre et différents partenaires. Nous travaillons aussi avec les conducteurs de motos et les usagers de charrettes pour mieux organiser leur intégration dans la circulation. Des aménagements comme les abris-bus, les barrières de sécurité et le marquage au sol contribuent également à structurer l’espace. Ces actions seront entreprises dès la fin de la saison pluvieuse.
La solution repose-t-elle uniquement sur les autorités ?
Non. La mobilité urbaine est une responsabilité partagée. Le respect du code de la route est fondamental pour fluidifier la circulation et réduire les accidents. Les piétons, qui représentent environ 75 % des usagers, doivent aussi être pris en compte. Nous misons sur la sensibilisation et l’éducation, notamment à travers des émissions participatives et des actions menées dans les écoles. Sans changement de mentalité et sans civisme, aucune réforme ne sera pleinement efficace.
Mialisoa Ida
