Depuis le mois de novembre, les pluies se succèdent presque sans interruption et se révèlent particulièrement abondantes. Zo Rakotomavo explique cette situation.
Pourquoi observe-t-on une reprise précoce et continue des pluies, en cette saison 2025-2026 ?
On peut dire que la saison cyclonique 2025-2026 a débuté dans les délais habituels. Les années précédentes, son démarrage était souvent tardif, au point que nous nous étions habitués à voir les pluies commencer seulement en janvier, comme l’an dernier. Cette année, en revanche, les premières pluies sont apparues dès le mois d’octobre 2025. Or, c’est précisément la situation normale: octobre et novembre correspondent au début de la saison des pluies.
Quel changement a permis le retour de la saison pluvieuse à la normale?
Il s’agit d’un phénomène de variabilité climatique. Certaines périodes sont marquées par des pluies abondantes, d’autres par des déficits pluviométriques. Les précipitations peuvent arriver en avance, avec retard, ou bien se produire conformément au calendrier habituel. Les conditions climatiques et météorologiques autour de Madagascar, en cette période, notamment l’état de la mer et la quantité d’humidité en provenance de l’Équateur, comptent parmi les principaux facteurs qui influencent la survenue des pluies.
À quoi ressembleront les précipitations des mois de janvier et février ?
Les pluies devraient rester proches de la normale ou supérieures à la normale en janvier-février, presque sur l’ensemble de Madagascar. En mars et avril, en fin de saison, il est prévu un retour à la normale ou une légère baisse, c’est-à-dire que la saison ne sera pas très longue et pourrait être un peu plus courte. Il faut noter que janvier-février correspond au cœur de la saison. Les pluies seront encore plus abondantes que celles de novembre et décembre.
Pour un retour à la normale, que faut-il faire ?
Nous sommes dans un contexte de changement climatique. Ces trois dernières années ont été les plus chaudes. L’année 2024, par exemple, les températures ont dépassé le seuil de 1,5 °C, avec une moyenne mondiale de 1,54 °C. L’année 2025 fait également partie des trois années les plus chaudes, même si elle est légèrement en dessous de ce niveau. Nous restons dans une situation de changement climatique. L’impact est que les saisons comme celle-ci, où les pluies sont arrivées à temps et sont suffisamment abondantes, deviennent de plus en plus rares. Les efforts que nous menons sur le plan environnemental, comme le reboisement et la lutte contre la pollution, ont des effets à long terme. Cela peut donner une chance à un début de saison normal.
Miangaly Ralitera
