SORTIE DE PRISONNIERS - Une cinquantaine de personnes recherchées

Des dizaines de personnes sont sorties de prison de manière irrégulière au mois d’octobre, selon le ministère de la Justice. Elles feront bientôt l’objet d’avis de recherche.

 Fanirisoa Ernaivo a précisé que tous ceux qui sont sortis de manière irrégulière des prisons doivent y retourner.

Le ministère de la Justice s’apprête à lancer des avis de recherche contre plusieurs dizaines de personnes sorties de manière irrégulière des établissements pénitentiaires du pays au cours du mois d’octobre. Selon la ministre de la Justice et garde des Sceaux, Fanirisoa Ernaivo, seules trente-sept personnes ont légalement bénéficié d’une sortie dans le cadre de la main-d’œuvre pénale (MOP), le 14 octobre dernier, et non d’une liberté provisoire.

Or, le nombre total de détenus ayant quitté les prisons à cette période s’élève à quatre-vingt-sept personnes, selon les précisions apportées par la ministre. Cette situation fait apparaître une cinquantaine de cas de sorties irrégulières, désormais considérées par l’administration pénitentiaire comme des infractions passibles de poursuites pénales.

Dans une vidéo publiée sur Facebook à l’occasion du Nouvel An, samedi, la garde des Sceaux a rappelé que les personnes admises au bénéfice de la MOP sont soumises à des obligations strictes.

« Les personnes exerçant la main-d’œuvre pénale doivent se présenter régulièrement auprès de l’administration pénitentiaire pour un pointage. Celles qui se sont conformées à cette obligation ont été réincarcérées par la suite, tandis que celles qui ne se sont pas présentées sont désormais considérées comme étant en situation d’évasion », a-t-elle déclaré.

Aucune intervention tolérée

Sans citer de noms, Fanirisoa Ernaivo a fait allusion à certaines personnes déjà condamnées par la justice qui, depuis plusieurs semaines, s’affichent publiquement, notamment aux côtés de membres du gouvernement. Certaines auraient même bénéficié de soutiens publics de responsables politiques, malgré des condamnations judiciaires définitives. La ministre s’est toutefois montrée catégorique : « Il n’y aura aucune exception dans l’application de la loi. Je n’accepterai aucune intervention de qui que ce soit. Tous ceux qui sont sortis de manière irrégulière doivent retourner en prison. »

La ministre précise par ailleurs que, parmi les personnes concernées, figurent des individus poursuivis ou condamnés pour des infractions graves, notamment pour trafic de personnes, trafic de drogue ou escroquerie. Elle a également cité le cas du député élu dans le district de Soavinandriana, Roméo Ramanantanana, condamné à dix ans de prison ferme pour trafic de tortues, une infraction liée au trafic d’espèces protégées.

Selon une source au sein du ministère de la Justice, les personnes sorties irrégulièrement des prisons ne figurent pas automatiquement parmi les bénéficiaires d’une éventuelle remise gracieuse de peine. Les condamnés pour des infractions de droit commun restent exclus de cette mesure. En revanche, les personnes condamnées pour atteinte à la sûreté de l’État, considérées comme des prisonniers politiques, ne seraient pas exclues de la liste des personnes susceptibles d’être graciées.

Tsilaviny Randriamanga

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