Deux mois après sa mise en place, le gouvernement du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo subira bientôt un remaniement. L’heure de l’évaluation a sonné.
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| Le Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo, devra, dans un avenir proche, rendre des comptes au Président. |
Le jugement premier. Deux mois après sa mise en place, le 28 octobre, le gouvernement du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo sera soumis à une évaluation de la performance de ses ministres.
Chose promise, chose due. Comme le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, l’avait annoncé, les membres du gouvernement disposaient de deux mois pour faire leurs preuves. Il a rappelé, lors de son discours de fin d’année, que l’heure était désormais à la correction des copies rendues par ses élèves, sans exception. Le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a également confirmé que ces deux mois étaient expirés et que son équipe, tout comme lui-même, serait jugée à l’aune de ses résultats. Le chef du gouvernement a toutefois souligné que deux mois n’avaient pas suffi pour redresser une situation catastrophique et qu’il s’était surtout efforcé de remettre l’administration dans le sens de la marche.
Selon des sources concordantes, cela ne saurait tarder. Des dates ont même été avancées. Des résultats palpables ont néanmoins été obtenus dans certains départements sensibles, comme l’électricité, grâce à la mise en place de plaques solaires et de groupes électrogènes. « Il n’y a plus de délestage à proprement parler, mais des coupures sporadiques », a-t-il affirmé, l’air satisfait. En revanche, tout reste à faire en matière de réfection des routes, puisqu’il a fallu revoir les procédures de passation de marchés ainsi que l’utilisation du Fonds routier.
Bavures
Pour la lutte contre la corruption, le blanchiment de capitaux et l’impunité, le ministère de la Justice se démène comme un beau diable pour redresser la situation, mais des bavures ont été relevées lors de certaines perquisitions et dans la sortie de prisonniers non politiques. Le département fait ainsi l’objet d’attaques virulentes sur les réseaux sociaux, notamment à propos de la libération très médiatisée de deux personnalités, Raissa Razaivola et Kouffaly Daya, qui a suscité de vives polémiques. Mais il ne faut pas oublier que la ministre Fanirisoa Ernaivo a été l’une des artisanes de la chute du précédent régime. Son poste est crucial, quel que soit le régime, et ce ne sont pas les postulants qui manquent. Elle n’a pas que des amis.
L’autre département qui a fait parler de lui pendant ces deux mois d’exercice est incontestablement celui de la Communication et de la Culture. Parmi les premiers à rallier le mouvement de contestation «Tsy manaiky Lembenana» d’Alban Rakotoarisoa, Clémence Raharinrina et Lily Rafaralahy, tous bien casés, le ministre O’Gascar Fenosoa s’est distingué par un dynamisme débordant, frisant parfois l’excès de zèle, et fait également l’objet de la foudre des réseaux sociaux. Il dirige par ailleurs un département capital pour la communication du gouvernement et, surtout, le contrôle des médias, publics comme privés. Il s’est entouré, pour ce faire, de bons techniciens. Son premier succès est d’avoir réussi à retenir une seule date pour le Taombaovao malagasy, qui pourrait devenir un jour férié si le Conseil des ministres le valide. Il sera difficile pour le pouvoir actuel de se séparer de son porte-parole qui défend la refondation contre vents et marées depuis le premier souffle du gouvernement.
Les autres départements se montrent plus discrets. La Santé fait face à un test majeur avec la variole du singe, tandis que l’Éducation nationale a été secouée par la grève des enseignants, finalement maîtrisée. L’Enseignement supérieur a pu doter les étudiants d’une salle informatique, alors que le ministère du Commerce et de la Consommation n’a pas été confronté à une hausse des prix des denrées, en particulier du riz, malgré la saison des pluies et l’état des routes devenues impraticables.
Le Sport peut, lui, dormir sur ses lauriers avec les titres africains remportés par les Ankoay en basket-ball et la Boule d’or en pétanque.
Le ministère de la Population a du grain à moudre avec la montée des eaux et l’hébergement des sans-abri, tandis que la Fonction publique et l’Emploi affichent des signaux plutôt positifs avec l’annonce de l’intégration des fonctionnaires vacataires.
La Sécurité publique reste le ventre mou du gouvernement, confrontée aux meurtres en série, à la découverte quotidienne de cadavres, à la disparition d’enfants et à l’incapacité de régler le problème des embouteillages.
Les Mines demeurent enfin au centre des débats avec l’imbroglio de Vara Mada, anciennement Base Toliara. Un projet capital pour le développement du Sud, où il n’existe plus aucune industrie, mais qui se heurte à la contestation d’une partie de la population et de certains responsables politiques.
L'Express de Madagascar

Yes, tous les deux mois on va évaluer, et si le bilan n'est pas bon, on coupe la ..... comme dit notre Robespierre national !!! Du boulot en perspective. A part ça, c'est quand que l'on sort de cette situation "difficile" pour notre pays ???
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