REFONDATION - La concertation nationale à boucler en un an

Le ministère d’État chargé de la refondation veut boucler la concertation nationale avant la fin de l’année. Une proposition de calendrier y afférent a été présentée à la presse, hier.

Maître Hanitra Razafimanantsoa, ministre d’État auprès de la Présidence, chargée de la refondation.

“Cette année sera celle de la concertation nationale.” Cette phrase a été déclamée avec enthousiasme par maître Hanitra Razafimanantsoa, ministre d’État auprès de la Présidence, chargée de la refondation, durant un petit-déjeuner de presse organisé au siège de son département, à Ambohitsorohitra, hier.

Durant cette sortie médiatique, la ministre d’État a présenté une proposition de calendrier pour la tenue de la concertation nationale. “Nous comptons boucler toutes les étapes de la concertation avant la fin de cette année”, déclare l’avocate. Dans cette proposition, l’année 2026 est découpée en deux tranches de six mois. Pour la première tranche, les trois premiers mois serviront à la conception d’un cadre méthodologique.

Les trois autres mois seront destinés au renforcement de capacités de ceux qui conduiront les débats. Selon les explications, ce temps imparti pour un renforcement de capacités est nécessaire puisque la concertation démarrera à partir des fokontany. “Il y aura plusieurs milliers de personnes à former”, note la membre du gouvernement. La concertation proprement dite se tiendra ainsi durant la deuxième tranche des six mois.

Durant la deuxième partie de l’année, deux mois seront alors destinés aux concertations au niveau des fokontany. Les deux mois suivants seront pour les concertations au niveau des communes. Ensuite, un mois est prévu pour les concertations régionales. La concertation au niveau national se tiendra durant le dernier mois. À entendre les explications de maître Razafimanantsoa, ce seront les idées et propositions collectées au niveau des fokontany qui seront portées en discussion au niveau des communes, et ainsi de suite.

La confection de ce calendrier découle des tournées préliminaires menées par les équipes du ministère d’État ces derniers mois, indique la ministre. Elle ajoute que l’organigramme de son département est désormais en place, ce qui implique qu’il est désormais opérationnel. 

Toutefois, face à la presse, hier, l’accent a été mis sur le fait qu’il s’agisse “d’une proposition de calendrier”.

D’abord, puisqu’il appartiendra au président de la Refondation de la République d’acter la date du top départ, lui qui a été absent durant la cérémonie du 10 décembre, à Ivato.

Question épineuse

Ensuite, en réponse à la presse, la ministre Razafimanantsoa a souligné que “toutes les décisions majeures seront prises durant la concertation nationale”. Une manière de dire que, si les participants en conviennent, le calendrier proposé par le ministère d’État peut être prolongé. Maître Razafimanantsoa indique pourtant que ce calendrier a été élaboré en tenant compte du chronogramme de la Transition inscrit dans le Plan de mise en œuvre (PMO) de la Politique générale de la refondation (PGR), présenté par le Premier ministre devant le Parlement.

Dans le PMO de la PGR, Herintsalama Rajaonarivelo, chef du gouvernement, prévoit que la concertation nationale, la confection de projets de Constitution et de nouvelles lois électorales, le référendum ou l’élection constitutionnelle et les élections générales soient bouclés en vingt-quatre mois. Durant son interview diffusée à la radio et à la télévision publiques, dimanche, le locataire de Mahazoarivo a noté que deux mois se sont déjà écoulés, “qu’il ne reste donc plus que vingt-deux mois”.

Hier, cependant, la ministre Razafimanantsoa rappelle que, durant son discours-programme, le Premier ministre a laissé une ouverture pour une possible modification du chronogramme de la Transition. “Si besoin, ce chronogramme peut être modifié. Tout dépendra de l’issue de la concertation nationale”, a-t-il déclaré devant le Parlement. Par ailleurs, outre le respect du timing annoncé, il faudra aussi baliser le volet politique afin de ne pas biaiser le processus, qui devrait poser les socles de “la refondation de la République”, claironnée depuis le mois d’octobre.

À Antsiranana, mercredi, le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, a déploré que “les calculs politiques constituent un blocage dans le processus de concertation nationale”, en ajoutant que “certains se projettent déjà vers les élections et ne pensent pas à la refondation”. Des propos qui n’ont pas été dits de façon anodine, de prime abord. L’élaboration d’une nouvelle Constitution et d’un nouveau cadre juridique des élections pour une 5e République stable sont les finalités annoncées de la concertation nationale.

Dans les opinions politiques émises de part et d’autre ces derniers temps, tous veulent une Constitution taillée à leur mesure et à leurs aspirations. “Nous ne prévoyons aucune proposition, notamment sur la Constitution. Il appartiendra aux participants à la concertation de faire des propositions”, réplique la ministre Razafimanantsoa. Selon elle, toutes les propositions seront compilées dans un “document de référence”, qui sera remis à des experts qui se chargeront de les traduire en projet de texte.

“C’est à la concertation nationale de décider s’il s’agira d’un seul projet de Constitution à soumettre à un référendum ou bien de plusieurs projets pour une élection constitutionnelle”, ajoute la membre du gouvernement. Il appartiendra aussi aux participants de trancher sur la question épineuse de “qui pourra se présenter à la prochaine élection présidentielle ?”.

Garry Fabrice Ranaivoson

1 Commentaires

  1. Dès que l'armée a pris le pouvoir, c'était RDV dans deux mois. Maintenant c'est RDV dans un an . Pendant ce temps, les solutions aux problèmes quotidiens des concitoyens ce sera pour .... aller, RDV dans .... 10 ans !!!!! Pôôôvres de nous !!! ...

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