Les internes en médecine durcissent le ton. Ils envisagent une grève susceptible d’affecter la lutte contre l’épidémie de variole du singe.
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| Des professionnels de santé en équipement de protection individuelle (EPI) pendant la prise en charge d’un cas de Mpox. |
Une nouvelle crise se profile en milieu hospitalier. Les internes en médecine annoncent leur retrait de la prise en charge des cas de Mpox. « Nous n’allons pas prendre en charge les cas confirmés et les cas suspects de Mpox, ainsi que toutes les maladies transmissibles à Madagascar, jusqu’à l’obtention d’une sécurité sanitaire et sociale pour les internes », selon la déclaration de l’Union des internes de Madagascar, hier.
Les internes en médecine souhaitent clarifier leur situation en cette période d’épidémie.
« Les internes n’ont toujours pas reçu de réponse officielle concernant l’indemnité de risque, alors que nous sommes les premiers exposés aux maladies et aux infections lors de la prise en charge des patients. Nous ne bénéficions d’aucune couverture et devons assumer nous-mêmes les frais en cas de maladie. De plus, il y a un manque d’équipements de protection individuelle (EPI) dans les hôpitaux », indiquent-ils dans leur déclaration.
Interrogée sur ces revendications, une source au sein du ministère de la Santé publique a indiqué que les équipements de protection individuelle (EPI) sont disponibles. Cette source a toutefois reconnu ne pas être en mesure de répondre aux autres demandes.
Crise majeure
Cette décision intervient alors que l’épidémie débute. Elle risque de fragiliser la gestion de la maladie et la prise en charge des patients. Les internes ont toujours été en première ligne lors des épidémies précédentes, jouant un rôle crucial, notamment pendant la crise de la Covid-19.
L’absence des internes pourrait provoquer une crise majeure dans les hôpitaux. En octobre 2025, leur grève avait déjà paralysé certaines activités hospitalières. Des interventions chirurgicales avaient été suspendues et la maternité de Befelatànana avait fermé ses portes aux patients.
Pour le moment, l’épidémie reste calme. Hormis les cas hospitalisés à Mahajanga, aucun patient atteint de la variole du singe n’a été pris en charge à l’hôpital jusqu’à hier.
L’Union des internes en médecine, tout en assurant la continuité de certaines activités, appelle les autorités à prendre des mesures urgentes et strictes afin de protéger les professionnels de santé, dans l’intérêt de l’ensemble de la population.
Miangaly Ralitera
