La nouvelle année ne pouvait mieux commencer. Après l’euphorie des fêtes qui marque la fin d’un régime oppressif, il n’a fallu que 24 heures pour faire face au premier scandale de l’année. Il s’agit des primes allouées à chaque membre de la Haute Cour Constitutionnelle selon leur « règlement intérieur ». C’est certainement une tradition depuis des années dont seuls les bénéficiaires eux-mêmes savent l’existence. Sauf que cette fois l’info a fuité à travers les réseaux sociaux et l’indignation totale de l’opinion qui l’accompagne dans les commentaires.
Tout se sait, tout se partage actuellement pour parodier une vieille publicité.
La publication de la répartition de ces primes arrive donc à un moment absolument inopportun alors que le président de la Refondation a mis l’accent sur la concrétisation des revendications des manifestants qui ont balayé le précédent régime. C’est d’autant plus révoltant que comparées aux primes remises aux fonctionnaires, il y a de quoi crier à l’injustice.
Mais c’est donc tout à fait légal et tous les membres de la HCC ont toujours perçu ces primes sans se poser des questions. Pour bonne conduite ou pour bons et loyaux services. Un pourboire en quelque sorte. Le pire est que l’État ne peut pas s’opposer au paiement de ces primes si l’ordonnateur principal des dépenses de l’État en donne l’autorisation. La Refondation a donc hérité d’une patate chaude refilée par son prédécesseur selon la continuité de l’État. Mais heureusement, la caisse de l’État n’est pas en mesure de décaisser le montant total de ces primes.
La pratique n’est d’ailleurs pas un cas isolé. On se souvient des primes de résultats que se sont octroyé les cadres de la Jirama il y a quelques années alors que l’entreprise touche le fond. On sait également que les ministères et les institutions disposent d’une caisse noire pour faire le « nécessaire» au cas où. Les employés du ministère des Finances touchent des primes régulières qui ne frustrent aucun autre fonctionnaire.
Personne ne s’en offusquerait si tout allait comme dans les meilleurs des mondes, mais c’est loin d’être le cas. Qu’on le veuille ou non, la publication de tels avantages et faveurs est totalement provocateur et ne sied pas à la conjoncture économique et à un moment où les fêtes se sont passées dans la précarité et le dénuement pour la plupart.
Tant qu’à faire dans le cadre du changement et de la Refondation, il faut mettre un terme à ce genre de bonification aux membres d’une institution que rien ne justifie et qui porte atteinte à l’ordre public et à la sécurité des finances de l’État. Sinon pour rester militaire, il faut faire les choses ni vu ni connu.
Sylvain Ranjalahy
POURBOIRE, dites vous?
RépondreSupprimerPar définition, somme d'argent remise à titre de gratification , de récompense par le client à un travailleur salarié.