PÊCHE ILLÉGALE - Une cargaison de langoustes saisie à Toamasina

Lors d’opérations de contrôle à Toamasina en décembre 2025, le Centre de Surveillance des Pêches (CSP) a saisi 7 tonnes de langoustes, dont 2 441 kg ne respectaient pas les normes de taille et provenaient d’une entreprise sans autorisation d’exportation.

Les langoustes découvertes à Toamasina.

Les autorités malgaches ont saisi 7 491 kg de langoustes lors d’une opération de contrôle en fin de mois de décembre. Le ministère de la Pêche et de l’Économie bleue a expliqué que ces langoustes étaient destinées à l’exportation mais « n’étaient pas accompagnées des autorisations nécessaires », ce qui constitue « une violation flagrante de la législation halieutique ».

Le ministère a précisé : « Il y a déjà eu des saisies à Tolagnaro, et maintenant c’est à Toamasina ». Sur les 7 tonnes saisies, 2 441 kilogrammes ne respectaient pas les normes en vigueur, et en raison de leur taille non réglementaire, seuls les produits issus de la pêche réglementaire et respectant les tailles minimales ont été vendus, et les recettes ont été versées au Trésor, tandis que « ceux qui ne respectent pas les tailles réglementaires seront confisqués et envoyés aux associations caritatives ».

Surveillance renforcée

Le ministère rappelle également que plusieurs pêcheries sont soumises à des périodes de fermeture, comme celles des crevettes, qui ne seront rouvertes qu’au mois de mars. Même lorsque la pêche est autorisée, « il existe toujours des tailles et normes à respecter », notamment pour les crabes. 

Le Centre de Surveillance des Pêches a diffusé les informations sur la saisie et a confirmé que « les langoustes n’avaient aucune autorisation d’exportation ». « La surveillance des quotas et des captures est désormais renforcée », a ajouté le ministère.

Le marché mondial de la langouste reste très dynamique, avec une forte demande internationale. Selon les experts, « le marché mondial devrait atteindre plus de 8 milliards de dollars en 2024 », avec une croissance continue en Asie et en Europe. Les principaux consommateurs sont la Chine, Hong Kong, le Japon, les États-Unis et plusieurs pays européens.

Madagascar exporte actuellement environ 400 à 460 tonnes de langoustes par an, ce qui le place parmi les exportateurs régionaux modestes mais significatifs. « Notre pays reste un acteur important dans l’océan Indien, même si nous ne rivalisons pas encore avec l’Afrique du Sud ou le Mozambique », soulignent les spécialistes du secteur. Ces derniers pays exportent régulièrement vers l’Europe, l’Asie et les États-Unis et représentent une concurrence directe pour Madagascar.

Le ministère rappelle que « tout produit de la mer doit être pêché dans le respect des quotas et des réglementations en vigueur ». La traçabilité et le respect des règles sont essentiels pour maintenir la réputation de Madagascar sur les marchés internationaux et pour assurer « un développement durable et responsable de la filière ».

Les experts insistent également sur la nécessité de mieux répartir les quotas et de renforcer le suivi des captures pour « protéger les ressources tout en développant la filière de manière responsable ».

Irina Tsimijaly

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