Deux bimestres après le début de l’année scolaire, le constat est préoccupant à l’École primaire publique (EPP) d’Ankadinandriana. Alors que les bulletins sont en cours d’élaboration, une baisse des résultats scolaires est observée. Une chute brutale si l’on se réfère aux performances passées. « L’an dernier encore, les résultats du deuxième bimestre se situaient entre 80 % et 85 %, mais cette année, ils sont estimés à 75 % », indique Yrina Seheno Ranaivoarisoa, directeur de l’EPP d’Ankadinandriana, la semaine dernière.
Cette situation est jugée alarmante, d’autant plus que le niveau des élèves se dégrade progressivement d’année en année. Une régression qui ne peut être dissociée des réalités sociales auxquelles sont confrontés les enfants.
« De plus en plus, ils ne bénéficient plus d’un suivi à la maison. Autrefois, le fait de ne pas connaître ses leçons suffisait à empêcher un enfant de sortir. Aujourd’hui, l’absence de devoirs faits ou de leçons apprises ne suscite plus aucune crainte. Par conséquent, la charge de travail des enseignants en salle de classe a pratiquement doublé », poursuit le directeur de l’établissement.
Malgré les nombreuses stratégies pédagogiques mises en place, la baisse du niveau demeure visible. Elle se manifeste particulièrement en lecture, un domaine où les enfants lisent de moins en moins de livres. En mathématiques, si les élèves s’en sortent relativement bien à l’oral, les évaluations écrites révèlent d’importantes difficultés.
« Pourtant, des dispositifs de remise à niveau sont mis en œuvre au sein de l’établissement à travers un programme de la JICA », enchaîne le directeur. L’initiative est jugée positive, mais elle se heurte à un problème majeur : l’alimentation des élèves. Ces séances de soutien, d’une durée d’environ deux heures par jour et organisées quatre jours par semaine, concernent les classes à partir du niveau CP2. Or, de nombreux enfants ne disposent pas de repas à midi.
Mialisoa Ida