La variole du singe gagne du terrain dans l’océan Indien. À La Réunion, un premier cas importé de Madagascar a été signalé.
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| Visite médicale auprès des cas confirmés pris en charge au centre de traitement et d’isolement à Andohatapenaka. |
Madagascar continue d’exporter des cas de Mpox vers les îles voisines. Après Mayotte, La Réunion annonce à son tour son premier patient atteint de Mpox, en provenance de Madagascar. « Le jeudi 22 janvier, un cas de variole B (Mpox) chez une personne résidant à La Réunion et de retour de Madagascar a été confirmé », note l’Agence régionale de santé (ARS) de La Réunion, hier.
La même source précise que, chez cette personne placée à l’isolement, le début des symptômes est postérieur à son vol de retour de Madagascar.
Ces îles n’ont pas fermé leurs portes à Madagascar jusqu’à hier. Les fermetures de frontières ont d’ailleurs été rarement utilisées pour la Mpox, contrairement à l’épidémie de Covid-19. Les îles voisines renforcent toutefois les mesures de prévention de la maladie. À La Réunion, toute personne ayant effectué un voyage récent à Madagascar et présentant des symptômes évocateurs est invitée à contacter rapidement son médecin traitant, à s’isoler dans l’attente d’un avis médical et à éviter les contacts rapprochés avec d’autres personnes, ou à porter un masque en présence d’autrui et à couvrir les lésions cutanées. Les personnes effectuant un voyage à Madagascar sont, par ailleurs, invitées à respecter les mesures barrières.
Guéris
À Madagascar, les statistiques évoluent. Le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP) rapporte onze cas confirmés à la date du 22 janvier. Dix-huit nouveaux cas suspects ont été identifiés le même jour, portant à quatre cent trente le nombre total de cas notifiés entre le 17 décembre et le 22 janvier. Aucune personne n’a succombé à cette maladie depuis sa détection à Madagascar, comme le confirment les statistiques officielles. Une cinquantaine de patients sont déclarés guéris.
Les autorités sanitaires remarquent que, face à ce faible taux de mortalité, certaines personnes négligent les gestes barrières et minimisent la maladie. «Lorsqu’une personne est atteinte de cette maladie, elle ne peut pas travailler et doit rester isolée pendant plus d’un mois. Il y a ainsi des absences prolongées au travail et à l’école. On constate l’impact de cette situation sur l’économie, avec une augmentation de la pauvreté. Les lésions qui apparaissent peuvent, par ailleurs, être douloureuses et provoquer des démangeaisons», note le professeur Mamy Randria, incident manager du COUSP.
Les autorités sanitaires insistent également sur l’importance de la transparence lors des enquêtes épidémiologiques : « Il ne faut pas avoir honte, notamment lorsqu’il s’agit d’identifier les personnes avec lesquelles il y a eu des rapports sexuels (ndlr : la Mpox se transmet principalement par contact étroit, dont le rapport sexuel). C’est essentiel pour rompre la chaîne de transmission », enchaîne le Dr Harinirina Raseheno, directeur de la Veille sanitaire, de la surveillance épidémiologique et de la riposte.
Les vaccins prévus pour février
Le vaccin constitue l’un des axes de la stratégie de lutte contre la Mpox, aux côtés des mesures barrières et de la recherche active des cas.
Miangaly Ralitera
