Les importations sauvages de riz ont repris au cours de l’année 2025. Les chiffres ont quadruplé.
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| Les importations de riz ont quadruplé. |
Spectaculaires, les importations de riz l’ont été en 2025. Jusqu’au mois de novembre, des données concordantes de la Direction générale des douanes et de l’Observatoire du riz indiquent des importations s’élevant à 731 000 tonnes. Jusqu’en septembre, la valeur des importations de cette céréale a atteint 1 289,6 milliards d’ariary, marquant une hausse de 253 % en valeur par rapport à la même période en 2024. Pour le premier semestre, le montant Coût Assurance Fret (CAF) s’est élevé à 795,8 milliards d’ariary pour près de 368 000 tonnes de riz importées. Ces chiffres sont disponibles dans les tableaux de bord mensuels de la Direction générale des douanes. Il s’agit d’une hausse significative comparée aux chiffres de 2024, qui faisaient état de l’importation de 262 100 tonnes de riz pour une valeur financière totale estimée entre 650 et 700 milliards d’ariary. Une situation paradoxale, d’autant plus que, dans les régions productrices, les paysans peinent à écouler leurs stocks, les vendant à perte.
Déficit structurel
Selon les statistiques, les importations ont démarré avec une dynamique forte dès le mois de janvier, avec 75 100 tonnes. Elles ont continué de grimper, culminant à 121 700 tonnes en février. Ce premier semestre a été marqué par un cumul de 367 984 tonnes, soit presque trois fois plus que les 125 251 tonnes importées durant la même période en 2024. En valeur, ces importations se chiffrent à près de 250 millions de dollars pour les huit premiers mois, mettant en lumière une dépendance accrue à l’égard du marché international.
Le principal moteur de cette flambée des importations est un déficit structurel de la production nationale, incapable de nourrir une population de 30 millions d’habitants. Les rendements locaux ont été affectés par des conditions climatiques défavorables. L’année 2025 a été marquée par des événements climatiques tels que des sécheresses et des inondations, perturbant les cycles de culture et diminuant les rendements. Ces aléas ont également annoncé une période de soudure prolongée, nécessitant des importations anticipées pour pallier d’éventuelles pénuries, rendant le recours au marché international inévitable. La Grande Île s’est ainsi tournée vers des fournisseurs principaux, notamment l’Inde et le Pakistan.
Dans le cadre du projet de loi de finances (PLFI) 2026, le gouvernement a proposé une retaxation du riz de luxe importé, prévoyant un droit de douane de 20 % et une TVA de 20 %. Actuellement, et ce depuis 2006, le riz importé bénéficie d’une exemption totale de droits et taxes afin de maintenir les prix bas. Cette proposition a suscité des débats houleux à la Chambre basse lors de la présentation du texte. Les députés ont manifesté leurs craintes face à cette mesure fiscale, qui risquerait, selon eux, de provoquer une hausse des prix pour les consommateurs.
Itamara Otton

30 millions de consommateurs aujourdhui....Combien demain ?
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