La majorité des habitants des bas quartiers de la capitale ne disposent pas de systèmes d’évacuation sanitaire. Leurs eaux usées sont ainsi rejetées directement dans les canaux, a constaté Harilala Ramanantsoa, magistrate de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), lors d’une visite des sites des travaux de la Haute Autorité de Main-d’Œuvre (HIMO) réalisés dans le cadre du projet Lalankely III, hier à Ankasina Andohatapenaka.
À cette situation s’ajoutent les déversements anarchiques de déchets et d’eaux usées dans les canaux. Face à ce constat, des discussions ont été engagées avec les riverains. Une première mesure consiste à installer des bacs à ordures afin de mieux organiser la gestion des déchets et limiter les dépôts sauvages.
« La CUA, en collaboration avec le ministère de l’Aménagement du territoire, étudie actuellement les solutions appropriées pour remédier à cette situation. Un système d’évacuation vers des fosses adaptées sera mis en place, et un quartier pilote sera identifié à cet effet », a précisé la mairesse de la ville.
Si certains habitants déploient des efforts pour maintenir la propreté de leur environnement, d’autres continuent de salir les lieux, favorisant l’accumulation des déchets. Pour y remédier, des zones de dépôt par ménage seront instaurées, permettant d’identifier les quartiers ne respectant pas les règles d’assainissement.
De son côté, Ruffin Sambany, secrétaire général du ministère de l’Aménagement du Territoire et des Services Fonciers (MATSF), a souligné que ce projet vise avant tout à améliorer les conditions de vie des ménages vulnérables à Antananarivo. Il a néanmoins insisté sur la responsabilité individuelle de chaque citoyen dans la protection, l’amélioration et l’assainissement de la ville.
Selon lui, l’objectif n’est pas de sanctionner, mais d’éduquer et de sensibiliser la population afin de renforcer l’entraide et la prise de conscience collective. « Personne ne souhaite vivre dans un environnement insalubre. Si chacun y met du sien, la préservation de la ville sera assurée», a-t-il déclaré.
À travers ce projet, qui comprend le nettoyage des canaux et le transport des déchets vers la décharge d’Andralanitra, entre 2 500 et 3 000 jeunes, encadrés par les services de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) et financés par l’Agence française de Développement (AFD) ainsi que l’Union Européenne (UE), sont mobilisés.
Arnaud Guillois, ambassadeur de France à Madagascar, a salué l’impact significatif de cette initiative, qui a rassemblé de nombreux jeunes autour d’actions citoyennes centrées sur l’engagement communautaire et le respect des règles d’hygiène. Malgré les contraintes liées aux fortes précipitations, ces actions ont notamment permis le curage des canaux.
Dans le cadre du projet, plus de 20 000 mètres de canaux de drainage ont ainsi été curés et ont permis l’évacuation de 2 000 m³ de déchets vers la décharge d’Andralanitra. Par ailleurs, les autorités étudient des solutions pour atténuer les inondations touchant les familles vulnérables, causées notamment par le remblayage anarchique et les constructions illicites.
Mialisoa Ida