ANKAZOBE - Une lycéenne tuée et son violeur présumé lynché

Un suspect a été tué par une foule en colère devant le bureau de la commune de Marondry, à Ankazobe. Avec deux coauteurs, il aurait violé et assassiné une lycéenne.

Un important rassemblement devant le bureau de la commune de Marondry hier matin.

Crime. À Marondry, district d’Ankazobe, la colère a éclaté hier matin. Un homme soupçonné d’avoir participé au viol et au meurtre d’une lycéenne a été saisi par la foule aux abords du bureau communal.

Les gendarmes, encerclés par des habitants déterminés, n’ont pas réussi à contenir la pression. Arraché aux forces de l’ordre, le suspect a été roué de coups sous les yeux des élèves du lycée massés devant le bureau, partagés entre indignation et stupeur.

Ce qui devait être une arrestation s’est mué en exécution, alimentée par la rage et le désespoir de la cohue.

Deux jours plus tôt, samedi vers onze heures, Mamisoa Caurine, 18 ans, élève en terminale au lycée de Marondry, avait quitté la maison pour récolter des pois de terre.

Ce jour-là, une pluie torrentielle s’était abattue sur la commune et, surtout, c’était un jour de marché. La majorité des habitants se trouvaient alors au marché et les champs étaient vides de toute présence, selon les témoignages recueillis.

Vengeance

« Lorsque la personne chargée de lui apporter son repas est arrivée, elle a découvert son corps immergé dans l’eau. Les premières constatations ont révélé des ecchymoses, des traces de strangulation au cou et des signes de viol», confie un gendarme. La jeune fille, qui devait passer son baccalauréat cette année, avait été tuée dans le silence d’un champ désert.

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. À Marondry, la stupeur s’est transformée en colère. Les villageois, bouleversés par l’atrocité du crime, ont exigé des comptes. L’arrestation de l’un des suspects, hier matin, n’a pas suffi à apaiser les esprits. La population, chauffée à blanc, a pris le relais de la justice, transformant le bureau communal en théâtre de vengeance.

Pendant que les gendarmes tentaient de maintenir l’ordre, les menaces de saccage se multipliaient. Les élèves, solidaires de leur camarade disparue, attendaient devant les portes, incapables de contenir leur indignation.

La mort du violeur présumé n’a pas mis fin à la tension, deux complices présumés étant toujours en fuite. Les recherches se poursuivent.

Gustave Mparany

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne