Le secteur des cosmétiques connaît une forte croissance, porté par une demande croissante pour des soins esthétiques, autrefois réservés à une élite, mais aujourd’hui accessibles à tous.
![]() |
| Le salon de beauté Daniela’s Beauty Ankadifotsy en cette période de fêtes. |
Pendant les fêtes, cette tendance s’intensifie. Les salons proposent des offres spéciales pour attirer de nouvelles clientes et fidéliser les habituées. Les prestations de coloration bénéficient par exemple d’une réduction de 50 %, avec des tarifs allant de 70 000 à 100 000 ariary, afin que chacun puisse accéder à des services professionnels. L’épilation et la manucure restent également parmi les services les plus demandés.
Pour certaines consommatrices, ces dépenses représentent un moment de plaisir après une année de travail. Rebecca, mère de famille, confie : « Pour Noël, j’ai dépensé environ 250 000 ariary pour m’habiller, me coiffer et me maquiller. Après une année de travail acharné, je voulais prendre soin de moi pour bien finir l’année ».
Qualité, importation et structuration
Les produits cosmétiques sont majoritairement importés, principalement de Chine et de France. Leur importation reste complexe et coûteuse, mais les salons s’efforcent de proposer des produits adéquats au marché tout en maintenant des prix abordables. « Les prix des produits augmentent constamment, mais les marges restent intéressantes. Avec 100 000 ariary, on peut déjà acheter un pack complet pour les ongles, mais la qualité varie selon le prix. Aujourd’hui, beaucoup prétendent être experts en manucure sans formation suffisante. Certains proposent des services à 5 000 ariary seulement. Mais tout dépend de la qualité des produits (colles, vernis, etc.) », souligne Felana, coiffeuse à Behoririka. Il faut trouver le juste équilibre entre qualité et prix, car des produits bon marché mais de mauvaise qualité représentent un risque pour les clients. Tout doit être calculé minutieusement, ajoute-t-elle.
Le marché africain des cosmétiques est en pleine croissance, estimé à 3,79 milliards de dollars en 2024 avec une hausse annuelle d’environ 7 %. À Madagascar, le chiffre d’affaires prévu pour le secteur cosmétique, incluant les produits pour ongles et soins esthétiques, est d’environ 180 millions de dollars en 2025.
Le secteur de la manucure et de l’esthétique se développe rapidement, après celui de la restauration. « Il faudrait mieux structurer le secteur, créer des associations ou groupements pour éviter une concurrence excessive et maintenir un certain niveau de professionnalisme », précise Aina Madys.
Irina Tsimijaly
