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| Les habitants de la commune rurale d’Antsakoamanondro sont prêts à défendre leur maire élu. |
Renverser les maires devient un mouvement inquiétant qui s’étend.La région Diana est aussi concernée. Dans la majorité des cas, aucun motif administratif ou juridique clair ne justifie ces destitutions. Les raisons invoquées semblent essentiellement politiques, selon les observateurs. Certains acteurs du nouveau pouvoir estiment que le changement au sommet de l’État doit automatiquement entraîner le renouvellement des dirigeants locaux, y compris ceux élus démocratiquement. Les maires élus sous la bannière orange semblent être les principales cibles de ces manœuvres politiques.
Plusieurs sources locales évoquent également des tentatives de prise de pouvoir déguisées. Dans de nombreuses localités, d’anciens candidats battus aux municipales tentent de revenir sur le devant de la scène pour écarter des maires en contestant les résultats d’élections pourtant validées depuis longtemps. La commune rurale d’Antsakoamanondro, dans le district d’Ambanja, est aujourd’hui au cœur de cette tourmente, tout comme d’autres communes voisines. Elle serait la quatrième commune à subir une telle situation après Marotaolana et Antsahabe. Les initiateurs de ces actions projetteraient d’étendre le mouvement à vingt-quatre communes du district.
Selon les explications, son maire, Elphèse Hasindrazana, élu avec 1 109 voix, fait face à une campagne de dénigrement orchestrée par un ancien rival politique arrivé troisième avec 331 voix. Appuyé par un membre du personnel de la station de radio privée MBS à Ambanja, ce président local du parti TIM, officiellement candidat indépendant, a diffusé sur les ondes des messages hostiles à l’encontre du maire, appelant même la population à sceller les bureaux communaux.
Mais la population d’Antsakoamanondro, majoritairement favorable à son maire, s’est massivement mobilisée pour défendre son élu et dénoncer une tentative de coup de force. La tension est désormais palpable entre les deux camps. Les autorités locales redoutent des affrontements civils, notamment entre les partisans des deux camps.
Face à cette pression, le maire a déclaré être prêt à remettre les clés de la commune, à condition que ses opposants prouvent leur capacité à gérer la commune dans le respect des lois. Il est aussi sorti de son silence en annonçant une grande mobilisation des maires du district d’Ambanja dans la ville et a adressé un ultimatum de soixante-douze heures (expiré dimanche) à la radio MBS pour cesser toute incitation à la haine sous peine de fermeture.
Raheriniaina
