ÉDUCATION - La Refondation de la République promeut la langue malgache

La valorisation de la langue maternelle comme langue d’enseignement revient au cœur des discussions éducatives. Elle est soutenue par le président de la Refondation de la République.

Des élèves d’une école primaire publique.

Malgachisation ? Le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar, a annoncé, lundi, son intention de valoriser la langue maternelle dans l’éducation. « Il est dit que le niveau des élèves baisse, mais on l’évalue surtout à travers la non maîtrise du français. En valorisant le malgache comme langue d’enseignement, vous verrez que le niveau des enfants malgaches n’est pas si bas », a-t-il déclaré.

Le programme scolaire pourrait également changer, à en croire sa déclaration. « Nous leur apprenons les histoires des pays étrangers, comme la France, les États-Unis, l’Allemagne, la première et la deuxième guerre mondiale, mais nous ne connaissons même pas ce qui s’est passé dans la région Menabe ou à Fianarantsoa », poursuit-il.

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) estime que chaque personne a le droit d’apprendre dans sa propre langue et qu’il s’agit d’un moyen important d’améliorer l’apprentissage, les résultats de l’apprentissage et le développement socio-émotionnel. Et que « lorsque les élèves apprennent dans leur langue maternelle, la compréhension, l’engagement et la pensée critique sont renforcés ». La plupart des pays développés utilisent, d’ailleurs, leur langue maternelle comme langue d’apprentissage.

Sceptiques

Nous avons demandé au ministère de l’Éducation nationale les actions à entreprendre pour la mise en œuvre de ce projet, mais nous n’avons pas obtenu de réponse. Une autre source indique que la loi d’orientation du système éducatif malgache (Losem), déjà promulguée, mentionne l’utilisation de la langue maternelle dans les premières années du primaire, et l’utilisation progressive des autres langues.

Certains enseignants restent sceptiques quant à l’usage de la langue maternelle comme langue d’enseignement. « Nous avons nous-mêmes connu la malgachisation, et pour nous, ce fut un échec. Je reste opposé à cette approche. Si les leçons que nous donnons étaient entièrement conçues à Madagascar, ce serait différent, mais la plupart sont universelles, avec des termes en français ou en anglais. Il faudrait, donc, les traduire en malgache, pour que les élèves les comprennent, si on veut appliquer la malgachisation », note un enseignant de mathématiques dans un lycée public.

Le Nigéria a adopté les langues nationales pour l’instruction scolaire des élèves du primaire, en 2022. Puis, il a annulé cette décision, en ce mois de novembre, car « il n’avait pas donné les résultats escomptés ».

Des enseignants notent que pour améliorer l’éducation et le niveau des élèves, il est nécessaire d’investir dans l’enseignement de base. « Motivez les diplômés de l’École nationale supérieure (ENS) pour enseigner dans les écoles primaires, si on veut avoir des résultats », soulignent-ils.

Miangaly Ralitera

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