Interrogé sur une éventuelle candidature à la prochaine présidentielle, le colonel Michaël Randrianirina a botté en touche. Il a simplement indiqué que ce sera au peuple d’en décider, sans donner de position ferme.
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| Le colonel Randrianirina, Chef de l’État, durant l’émission télévisée d’hier. |
Une ouverture. Le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, s’est prêté au jeu des questions et réponses diffusées à la radio et télévision publiques RNM et TVM, hier. Au bout de l’émission, il a été interrogé sur sa candidature ou non à la prochaine élection présidentielle. En réponse, le locataire d’Iavoloha n’a pas fermé la porte à une éventuelle participation à la course à la magistrature suprême. Selon ses dires, il s’en remet à la population pour décider de son avenir politique.
« Notre priorité, pour l’instant, c’est cette refondation », déclare le Chef de l’État en parlant de lui et des quatre autres colonels qui siègent au Haut Conseil de la refondation de la République. Puis, le concernant en particulier, le colonel Randrianirina ajoute : « c’est au peuple de demander ma candidature, s’il juge que je fais du bon travail. S’il estime que je ne suis pas bon, alors personne ne m’appellera à le faire. Je me retirerai si la population considère que je ne suis pas à la hauteur ».
À peine la Transition entamée, la classe politique et même une partie des acteurs civils se projettent déjà sur les prochaines échéances électorales. L’élection présidentielle est la principale qui se trouve dans leur ligne de mire. Comme l’a noté l’homme fort de l’État : « des partis politiques sont déjà en pré-campagne. Ils ne tiennent pas compte de la refondation, mais se projettent déjà sur les échéances électorales ».
Le plus en vue, depuis quelques jours, est le parti « Tiako i Madagasikara » (TIM), qui s’engage dans une redynamisation de sa base politique. D’autres courants politiques commencent aussi à s’activer en coulisses. Certains misent sur l’acquisition de «quota de sièges politiques» afin de se rebooster ou bien reprendre une position avantageuse sur l’échiquier. Une démarche qui a démarré avec les surenchères autour de la composition des membres du gouvernement.
Toujours dans cet objectif, il y a une ruée pour les sièges de chef de région ou de gouverneur si le pouvoir actuel garde cet indicatif. L’insistance de certaines entités politiques pour le remplacement des maires ou encore l’élection des chefs fokontany est également dans le but de profiter du vent politique actuel qu’elles estiment en leur faveur, afin de préparer le terrain en vue de la présidentielle. Certains ont aussi en tête de renflouer leur trésorerie en vue de la campagne électorale.
Concertation nationale
Hier justement, le colonel Randrianirina a fait part de son regret face à cette bousculade pour des sièges. Selon une source avisée, les tenants du pouvoir songent à s’en départir en laissant le soin à la « concertation nationale » d’en décider. « Un nouveau système de gouvernance devrait être acté à l’issue de la concertation nationale. Il sera ensuite soumis à un référendum et c’est seulement après qu’il y aura des élections », explique le colonel Randrianirina.
Selon plusieurs sources, la question de qui pourra se porter candidat ou non à la prochaine course à la magistrature suprême pourrait être un des points sur lesquels les participants à la concertation nationale seront amenés à trancher. L’idée d’une éventuelle candidature du colonel Randrianirina à la prochaine élection présidentielle divise.
Au sein de la société civile notamment, le fait que les dirigeants de la République de la refondation s’engagent à ne pas se présenter à la course à la magistrature suprême est recommandé. L’objectif est qu’ils puissent conduire la Transition en toute objectivité et dans un réel esprit de ne servir que l’intérêt général, sans calcul politique. Des aspirants à la présidence de la République au sein du microcosme politique ne souhaitent pas non plus une candidature de l’officier supérieur, estimant que cela puisse doucher leur ambition.
Des courants au sein de l’arène politique poussent cependant pour une candidature du colonel Randrianirina, estimant que son statut de Chef de l’État et la cote de popularité dont il jouit vraisemblablement ferait de lui un potentiel favori. Ils voient également en lui un candidat qui pourrait mettre fin au duel entre les anciens présidents Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Ils comptent défendre leur position durant la concertation nationale.
L’idée de constituer une plateforme politique dont le travail sera d’obtenir la « vox populi », qui légitimerait la candidature du colonel Randrianirina, est même suggérée au sein de quelques cercles politiques. « L’objectif est de poser, à travers la concertation, des bases solides pour une nouvelle République. Il ne s’agit pas de mettre en place une République sujette à des crises politiques récurrentes, mais une République forte, permettant aux Malgaches de vivre dans la paix », assure toutefois le locataire d’Iavoloha.
Le colonel affirme par ailleurs que « notre souhait est que tout soit fait en deux ans. Nous ne voulons pas tromper la population ». L’histoire politique du pays ces dernières années indique cependant que les débats sur la candidature d’un tel ou untel ont mis à mal les efforts pour bâtir une République solide et pour briser la dynamique des crises cycliques. De même, sur le respect du délai imparti pour une Transition. Reste à voir si les acteurs ont acquis la maturité politique nécessaire pour tirer les leçons de l’histoire.
Garry Fabrice Ranaivoson

Et où en est l'abolition des privilèges des élus et hauts fonctionnaires ???...
RépondreSupprimeron appelle cela remplacer la peste par le choléra... 21 morts pour changer de marionnette qu'elle tristesse. Mada n'est pas prêt de sortir de la misères avec des hurluberlus pareils au pouvoir.
L'essentiel est fait : le tyran sanguinaire et voleur a reçu un coup de pied au cul . Prenons du recul pour ne pas jouer aux oiseau de mauvaise augure !
SupprimerDe deux mois on passe à deux ans. Rarement les militaires lâchent la main (Mali, Burkina, Niger, Cuba, RCA, Russie, ....). Et dire que certains croyaient que les choses allaient se passer dans le bon sens, pour le bien du peuple (en coupant qqs têtes) ... Attendons ... et serrons la vis e attendant !!!
RépondreSupprimerPauvre C...!
SupprimerAttention Lambi, ne pas dire du mal du colonel, sinon Marc voit rouge. C'est la nouvelle copine du régiment!
RépondreSupprimerVous êtes entrain de souffrir avec la précarité menstruelle ?
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