AMBOHIJATOVO - Des journalistes ciblés par du gaz lacrymogène

Des journalistes ont été agressés hier à Ambohijatovo lors de la manifestation du mouvement Gen Z. Les Forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et arraché le matériel de reportage.

L’Ordre des journalistes de Madagascar a condamné la violence faite aux journalistes.

Lors de la manifestation organisée par le mouvement Gen Z à Ambohijatovo, hier, plusieurs journalistes ont été victimes de violences de la part des Forces de l’ordre. Les éléments du Groupement de sécurité et d’intervention spéciale (GSIS) de la Gendarmerie nationale ont utilisé des gaz lacrymogènes contre des professionnels de la presse qui couvraient l’événement, provoquant indignation et inquiétude au sein du milieu journalistique.

L’incident s’est produit alors que des journalistes tentaient d’interroger un confrère agressé quelques minutes plus tôt par un élément cagoulé du GSIS. Ce journaliste, appartenant à une télévision privée de la capitale, filmait en direct les interventions des Forces de l’ordre lorsqu’un agent s’est approché, lui a arraché son téléphone et lui a porté un coup de poing. Face à cette agression, les journalistes présents ont exigé des explications auprès des Forces de l’ordre déployées du côté du parvis de l’Hôtel de ville d’Analakely. Aucune réponse ne leur a été apportée.

L’Ordre des journalistes réagit

Alertée, Monica Rasoloarison, présidente de l’Ordre des journalistes de Madagascar (OJM), s’est rendue sur place pour soutenir les professionnels de la presse et rappeler les obligations légales de protection des journalistes. « Cessez les violences envers les journalistes. C’est interdit par les textes en vigueur. Protégez-nous dans l’exercice de notre fonction », a-t-elle déclaré.

L’OJM n’a pas été la seule organisation à réagir. D’autres associations, dont l’Association des jeunes journalistes de Madagascar (AJJM), ont condamné ces actes et exigé des excuses publiques de la part des responsables des Forces de l’ordre. Dans un communiqué, l’AJJM a demandé la mise en place de mesures concrètes à l’encontre des agents impliqués. Le réseau Malina, regroupant des journalistes d’investigation, a soutenu cette demande, insistant sur la nécessité d’une reconnaissance officielle de ces abus.

Ces incidents ne sont pas isolés. Dès le début de la manifestation, le 25 septembre, un autre journaliste a été agressé par un élément du GSIS à Ambondrona alors qu’il couvrait l’événement. Le même jour, le journaliste de la télévision privée, déjà victime de violences, a vu son téléphone confisqué par un autre agent à Antaninarenina. Ces événements soulignent un climat de tension élevé autour des manifestations et la vulnérabilité des journalistes sur le terrain.

Tsilaviny Randriamanga

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