SANTÉ - La rupture de préservatifs frappe les professionnels du sexe

Le risque de propagation des maladies sexuellement transmissibles augmente. Des professionnels du sexe sont privés de moyens de prévention.

«Des travailleurs du sexe viennent chez nous presque tous les jours pour demander des préservatifs. Mais nous n’en disposons pas. C’est au mois de février qu’est arrivée la dernière commande de quatre boîtes», note un agent communautaire dans la commune d’Ambohimangakely, hier.

Une source auprès d’une organisation non gouvernementale (ONG) qui travaille dans la lutte contre le VIH/Sida affirme cette rupture des préservatifs. «Cela fait plusieurs mois que cet intrant est indisponible», indique-t-elle.

Une source avisée affirme que les commandes viennent d’arriver. Jusqu’à hier, des professionnels du sexe travaillent sans préservatif. Cette situation inquiète grandement les acteurs dans la lutte contre les infections sexuellement transmissibles. Beaucoup de professionnels du sexe, les plus vulnérables à la transmission de cette maladie, ont des rapports sexuels non protégés, face à cette pénurie.

«Certains de ces travailleurs du sexe appliquent un tarif de 2 000 ariary. Ce n’est pas sûr qu’ils vont encore dépenser 1 000 ariary pour acheter un condom, à chaque acte», indique notre source.

Alors que la prévalence du VIH/Sida serait élevée. Dans un quartier de la commune d’Ambohimangakely, où la profession du sexe gagne du terrain, deux professionnels du sexe ont été confirmés séropositifs, l’an dernier. «On les sensibilise à se protéger, alors que le service nécessaire pour la prévention n’est pas disponible. La prévention doit être systématique», formule la source auprès de l’ONG.

La pénurie de préservatifs est assez récurrente à Madagascar, ainsi que dans toute l’Afrique. Cela confirme le manque de financement contre le VIH/Sida, révélé lors du colloque du VIH/Sida dans l’océan Indien, en octobre 2024.

Miangaly Ralitera

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