![]() |
L’ambiance de fête à Analakely après la qualification des Barea en finale du CHAN. |
Bien plus encore qu’après la victoire des Barea en quarts de finale, la capitale a explosé de joie hier soir. Leur victoire contre le Soudan (1-0) a déclenché une fête populaire sans précédent, des rues d’Antananarivo aux plages de Mahajanga, de Toamasina à Toliara, en passant par Fianarantsoa et Antsiranana. Les Malgaches ont célébré leurs héros : les Barea CHAN.
Des cortèges spontanés ont envahi les quartiers d’Ivato, Ambohibao, Andranomena, 67 Ha, Ankorondrano, Andravoahangy, Analakely, Ambohipo, et bien d’autres encore. Les rues ont été coupées, les voitures transformées en estrades improvisées, les embouteillages sont devenus des scènes de danse et de chants patriotiques. Les « Alefa Barea e ! Merci Barea ! » ont résonné jusque tard dans la nuit.
Jamais la capitale n’avait connu une telle communion, pas même lors de la CAN 2019. Cette fois, l’enjeu est encore plus grand : une finale continentale, un moment historique à inscrire dans les annales du football malgache.
À Fianarantsoa, des étudiants ont déferlé sur l’avenue principale, drapeaux et torches à la main.
À Toamasina, le front de mer de Miami s’est mué en une scène de concert, avec musique et feux d’artifice improvisés.
Mahajanga et Diego ont vibré au rythme du salegy, leurs plages noires de monde.
À Antsiranana, la jeunesse s’est réunie sur la place de l’Indépendance, vuvuzelas en main.
À Toliara, des cortèges de motos, de cyclo-pousses et de bajajs décorés à n’en plus finir ont envahi les ruelles sableuses.
Du Nord au Sud, cette explosion de joie a prouvé que les Barea sont plus qu’une équipe : ils sont devenus le symbole d’une nation rassemblée.
Une victoire au courage
Sur le terrain, le Soudan a résisté, mais Madagascar a trouvé la faille grâce à son abnégation et à la stratégie de coach Rôrô, artisan de ce parcours hors du commun, malgré l’infériorité numérique. Le but unique a suffi à ouvrir les portes de l’Histoire.
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdulah Marson Moustapha, n’a pas caché son émotion : « Félicitations à tout le peuple malgache. Rendons grâce à Dieu, car c’est la première fois que nous allons jouer la finale du CHAN. Merci également à Monsieur le président de la République, Andry Rajoelina, premier supporter des Barea et principal soutien de notre équipe nationale. Bravo à coach Rôrô, qui a accompli un miracle, ainsi qu’à nos héros, les joueurs, qui n’ont jamais ménagé leurs efforts. Vous êtes la fierté de la Nation. »
Au-delà du score, cette qualification incarne l’aboutissement d’un rêve longtemps caressé. Elle redonne espoir à un pays confronté à de multiples difficultés. Elle démontre que le football peut être un moteur d’unité et de fierté nationale.
La finale sera un défi immense, mais qu’importe : l’essentiel est déjà là. Madagascar fait désormais partie des grands du football africain. Et cette nuit du 26 août 2024 restera comme une aurore nouvelle pour le sport malgache.
Donné Raherinjatovo