Historique 

C’est trop simpliste pour qualifier l’exploit des Barea hier en demi-finales de la CHAN 2024 de football. Ils ont réussi à battre les Soudanais 1 à 0 en jouant à dix pendant une heure après le carton sévère de Fenohasina et la sortie de Andy sur blessure deux minutes après le coup d’envoi. Toutes les circonstances étaient ainsi contre les Barea.

Pour la première fois dans l’histoire, l’équipe nationale de football disputera une finale africaine après avoir ravi la médaille de bronze en 2022 pour sa toute première participation.

Une victoire héroïque, magnifique, fantastique, symbolique… acquise de haute lutte.

C’est d’autant plus méritoire qu’à défaut d’avoir montré un jeu flamboyant, l’équipe de Rôrô a fait preuve d’autres qualités, à l’image d’une discipline rigoureuse, une solidarité à toute épreuve, une volonté inébranlable, un moral de guerrier, un appétit de kere, une combativité infaillible, un optimisme presque aveugle.

Ainsi, aux relances approximatives des défenseurs, aux passes imprécises, aux dribbles de trop, au manque de clairvoyance dans la dernière passe, aux tirs mal cadrés… personne ne s’est rejeté la responsabilité et tout le monde s’est attelé à récupérer la balle aux pieds des Soudanais. Le pressing était permanent, sans aucune baisse de régime. Ainsi, tous les joueurs étaient au four et au moulin, au point de confondre leurs places. Nicolas est tantôt attaquant, tantôt défenseur, Rado est à la fois ailier et latéral, Toky commande la défense et relance l’attaque. Lalaina est à la fois le cœur et le poumon de l’équipe. Le tout fait que, pour une fois, Toldo le gardien a passé une journée tranquille pour une demi-finale. Un clean sheet qui lui coûte le trophée du meilleur joueur du match, attribué à Nicolas.

Et avec un peu de réussite et une meilleure lucidité devant, la victoire aurait été plus nette et peut-être qu’on n’aurait pas dû aller aux prolongations. Mais il était dit que Toky Niaina allait marquer de son empreinte cette CHAN 2024. Auteur du ratage du siècle face aux Centrafricains, il a créé un « Toky » en marquant sans élan aux tirs au but face aux Kényans, avant d’être le buteur providentiel de la qualification hier, se trouvant à l’amorce et à la conclusion d’une superbe combinaison, marquant l’un des tops buts de cette CHAN, cinq minutes après son entrée en jeu.

Au pire, les Barea auront la médaille d’argent. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? La quête du Graal est parfaitement possible avec le même état d’esprit, le même moral d’un carnassier face à n’importe quels lions, ceux de la Teranga ou ceux de l’Atlas.

Les Barea, rois d’Afrique, combien d’ariary pour une couronne ?

Sylvain Ranjalahy

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