Le travail des enfants dans le pays reste un phénomène largement répandu. Selon l’enquête MICS 2018, près de 47 % des enfants âgés de 5 à 17 ans y sont exposés. Les garçons sont plus touchés que les filles, et cette pratique est particulièrement fréquente en milieu rural. Les enfants issus de familles défavorisées sont les plus vulnérables, certains étant même contraints de travailler dans des conditions extrêmement dangereuses, notamment dans les mines, un secteur à haut risque pour leur santé et leur avenir. Environ 4 % des enfants exercent ce type de travail dangereux.
Dans ce contexte, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique (MTEFOP) a lancé à Tolagnaro un atelier régional de consultation regroupant les régions du Sud : Atsimo Atsinanana, Atsimo Andrefana, Anôsy et Androy. Cette rencontre, qui se déroule depuis mercredi et se termine ce jour, s’inscrit dans le cadre de l’élaboration du deuxième Plan d’action national de lutte contre le travail des enfants (PNA LTE II 2025–2040).
« L’objectif de cet atelier est de recueillir les avis des acteurs régionaux sur les formes et causes du travail des enfants, d’évaluer les dispositifs existants et de définir des stratégies adaptées aux réalités locales », explique Cristelle Ramaroson, directrice générale du Travail (DGT). Les conclusions de ces travaux collaboratifs permettront de construire un plan national réaliste et inclusif, conforme aux engagements nationaux et internationaux de Madagascar.
Ce plan vise à promouvoir l’éducation, la protection sociale et l’accompagnement des familles pour permettre à chaque enfant de grandir en sécurité.
Le ministère réaffirme sa détermination, avec l’appui des comités nationaux et régionaux, des collectivités décentralisées, ainsi que des partenaires sociaux et des partenaires techniques et financiers, à renforcer la lutte contre le travail des enfants et à promouvoir un environnement respectueux de leurs droits, offrant un avenir meilleur à tous les enfants du pays.
Le travail des enfants limite souvent leur accès à l’école et compromet leurs perspectives d’avenir. Il entrave également leur développement physique et mental et constitue une violation de leurs droits fondamentaux. La pauvreté, le manque d’accès à une éducation de qualité et l’absence de soutien aux familles sont les principales causes de ce phénomène. S’y ajoutent les inégalités de genre : si les garçons travaillent davantage, les filles accomplissent souvent de longues tâches ménagères non rémunérées, rarement comptabilisées.
Ce plan national, multisectoriel, sera piloté par le ministère du Travail tout en impliquant de nombreux acteurs engagés dans la protection de l’enfance.
Mialisoa Ida