Au sommet de Tana

Un concours de circonstances ou pur hasard du calendrier dont les caprices font bien les choses. D’une pierre deux coups, la mise en marche du téléphérique qui a fait tant jaser durant plusieurs années, provoqué des débats, causé des réticences, et le 45ᵉ sommet de la SADC qui se tient à Antananarivo les 17 et 18 août. Deux événements d’importance qui marquent l’histoire, qu’on le veuille ou non. Au-delà des querelles politiques qui ont toujours mis en discorde le pouvoir et l’opposition depuis l’ère de la République. Les contestations ont toujours animé la vie politique. La coopération avec Israël de Tsiranana, l’assistance technique des Français dans l’enseignement, les orientations vers l’Est de Ratsiraka, la révolution socialiste, les investissements à outrance, la décentralisation de l’éducation, de la santé, de l’enseignement, le service national hors force armée… Tous les projets donnaient du grain à moudre à l’opposition.

Opportun ou pas, le téléphérique fait désormais partie du paysage de la capitale, peut-être pour longtemps. Il est indéniable qu’il rend service à la mobilité des Antananariviens en partie, même si le coût du trajet dépasse relativement la limite des portefeuilles de la majorité. C’est moins cher, en tout cas, qu’une course en taxi, avec un énorme gain de temps.

Le téléphérique est également l’occasion pour beaucoup de gens de pouvoir admirer la capitale de long en large de visu, avec la précision d’un drone. Pendant longtemps, c’était un privilège réservé à une minorité d’admirer la capitale depuis le toit de Tana, sur le 14ᵉ étage de Carlton, et depuis quelques années, depuis le 38ᵉ étage de la Tour Orange.

Qui n’a jamais rêvé de voler dans sa vie ? Rien que pour le fun et le plaisir, que cela résolve ou pas les problèmes de transport.

Cela dit, le sommet de la SADC est autrement plus important. Ce n’est pas le premier sommet que Madagascar organise dans l’histoire, mais c’est la première fois qu’il préside cet organisme régional. Les opérateurs économiques, les industriels, les artisans, les acteurs du tourisme… comptent beaucoup sur ce sommet pour en tirer le maximum de profit et d’opportunités. Outre la qualité de l’organisation et toutes les manifestations autour, ce sommet doit être le déclic d’un vrai décollage du développement, du moins au niveau régional. C’est dommage si l’on se souvient seulement de ce sommet comme étant le plus beau et le plus festif.

Sylvain Ranjalahy

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