Le Réseau Tafo Miahaavo tire la sonnette d’alarme. L’organisation dénonce des exploitations aurifères illégales qui menacent la biodiversité et les communautés locales.
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La forêt de Tapia dans l’Itasy. |
La forêt de Tapia, patrimoine endémique de la région d’Itasy, fait face à une nouvelle menace. Le réseau Tafo Miahaavo a signalé, hier, la présence d’exploitants aurifères clandestins dans cette zone fragile. « Nous lançons un appel pour que l’État examine de près ce qui se déroule à l’intérieur de cette forêt, plus précisément dans le district de Miarinarivo II. Le phénomène est récurrent, mais les autorités ne prennent pas leurs responsabilités », a dénoncé Louis de Gonzague Razafimanandraibe, président national de Tafo Miahaavo, au motel Anosy, lors d’un atelier de partage avec les partenaires techniques et financiers impliqués dans la protection de l’environnement. La rencontre portait sur la promotion et la gestion durable des Aires du patrimoine autochtone et communautaire (APAC).
Selon la commune de Miarinarivo II, deux sites d’exploitation ont été identifiés. « Le premier se situe à Antanetilava, au cœur même de la forêt. Il avait déjà été fermé l’an dernier, mais les exploitants reviennent sans cesse. À l’heure où nous parlons, ils y sont encore. Le second se trouve à Miadana, dans la zone tampon de la forêt. Les exploitants ont clôturé la parcelle et nous n’y avons plus accès », rapporte le maire, Jean de Dieu Randrianarison. L’édile précise avoir saisi les autorités compétentes il y a près d’un mois, sans suite jusqu’à présent.
Contactée, une source forestière nuance : la zone exploitée à Miadana correspondrait à une propriété privée, située en dehors de la forêt.
Subsistance
« Ce ne sont pas des Tapia naturels, mais des arbres plantés par le propriétaire, selon les informations disponibles. Néanmoins, des contrôles environnementaux et de permis miniers devraient être menés », souligne-t-elle. Concernant Antanetilava, cette même source rappelle que l’organe mixte de conception (OMC) est déjà intervenu pour suspendre les activités.
Au-delà du cadre légal, c’est l’équilibre écologique et social qui est en jeu. La forêt de Tapia joue un rôle essentiel dans la subsistance des populations locales. « La dégradation de cette forêt entraîne une baisse de production de vers à soie », alerte Angeline Alice Rasoanirainy, présidente de la plateforme Landin’Itasy, qui regroupe un millier d’acteurs. Cette filière constitue une ressource vitale pour de nombreuses familles.
La pression sur la forêt s’accentue alors que sa superficie s’est déjà fortement réduite. « Les forêts naturelles ne représentent plus que 1,5 % de la surface de la région », indique encore la source auprès de l’administration forestière. Face à cette érosion, des démarches sont en cours pour inscrire la forêt de Tapia d’Itasy dans la liste des Aires protégées, afin de garantir sa préservation et de renforcer la surveillance.
Miangaly Ralitera