Interview : Marc Rajaobelina, DG d’Atos à Madagascar & Ocean Indien - " Il est clair qu’au cœur de la notion de transformation digitale du secteur public se trouve le principe de souveraineté numérique auquel nous sommes très attachés ".



Vous êtes nommé à un moment où l'Afrique et tout particulièrement Madagascar connaît un développement majeur en matière de transformation digitale. Comment comptez-vous accompagner cette dynamique ? 

Comme vous le savez, Atos est présent à Madagascar depuis plus de 60 ans et a accompagné les changements majeurs qui sont intervenus en matière d'économie numérique dans le pays et plus généralement sur notre continent. Tout d’abord, la stratégie d’Atos à Madagascar consiste de continuer à mettre à disposition de ses clients, organisations publiques comme privées, le savoir-faire historique d’Atos et sa technologie de pointe pour moderniser et accélérer la digitalisation des organisations. 

En outre, j’attache un intérêt particulier à fédérer et à continuer de renforcer durablement un écosystème numérique à Madagascar. C’est un axe important pour accompagner le dynamisme que connaît actuellement notre pays. Pour ce faire, nous avons choisi de privilégier la formation et le recrutement de talents malgaches : aujourd’hui je suis fier de dire que plus de 85% des employés d’Atos à Madagascar sont des Malgaches, tous postes confondus.

Vous l’aurez donc compris, le recrutement, la formation et le développement des compétences locales seront au cœur de ma mission. La transformation digitale ne peut se réaliser sans des talents qualifiés. Nous mettrons en place des programmes de formation intensifs en collaboration avec les universités et les institutions éducatives locales pour développer les compétences en technologies de l'information et en gestion des données. C’est le sens des discussions que je mène actuellement avec École Nationale d'Informatique (ENI) de Fianaratsoa et l'École Polytechnique de Vontovorona. 

Je suis profondément convaincu du rôle crucial que la transformation digitale joue dans le développement économique et social de notre pays. La transformation numérique pourrait changer la donne pour Madagascar et chez Atos, nous croyons fermement qu’elle représente l’occasion de dynamiser la croissance économique et l’industrialisation, de réduire la pauvreté et d’améliorer la vie des populations. C’est la raison pour laquelle l’Agenda 2063 de l’Union africaine souligne l’importance du recours aux technologies et services numériques pour améliorer les indicateurs socio-économiques. 

Qu'est-ce qui a motivé votre décision de rejoindre le groupe Atos ?

L’un des facteurs qui m’a motivé à rejoindre le groupe Atos, c'est sa capacité technique et commerciale de fournir partout dans le monde, et notamment à Madagascar, toutes les solutions aux trois principaux segments de clientèle, à savoir, télécommunications, secteur public et finance. D’autre part, la politique de juniorisation des ressources humaines d’Atos en Afrique est un élément qui m’a pleinement convaincu de rejoindre l’aventure Atos à Madagascar. Je considère que les dirigeants de ma génération doivent avoir une énorme responsabilité dans la formation des jeunes au profit de l’amélioration des compétences du capital humain du continent et du pays. Atos à Madagascar déploie une approche de juniorisation dans sa politique RH à travers le continent et participe ainsi à l’employabilité des jeunes sur un marché du travail numérique où les compétences sont rares. Dans ce contexte, j’attache une grande importance au transfert de compétences et à la formation des talents malgaches. 

Quelles seront vos priorités à la tête d’Atos à Madagascar ?   

Tout d’abord, continuer à établir la confiance en étant innovant avec nos clients à Madagascar. La confiance est une constante de l’ADN d’Atos, de mes prédécesseurs ici et je m’attacherai à la renforcer au travers les chantiers que nous menons et que nous mèneront dans l’avenir avec tous les clients de l'île. 

L’autre priorité sera donnée à l’accompagnement de nos clients dans le cadre de la modernisation de leurs infrastructures technologiques pour les aider à améliorer leur efficacité opérationnelle et leur productivité. Une attention particulière sera accordée à la sécurité informatique pour protéger les données sensibles de nos clients et assurer une continuité des services. Pour cela, nous appliquons une éthique intransigeante dans la gestion des projets allant jusqu’à refuser de participer à certains projets lorsque toutes les conditions de succès ne sont pas réunies.

Troisièmement, Atos à Madagascar attache une grande importance à la transformation digitale du secteur public. A l’instar de ce qu’Atos a pu accomplir en la matière en Afrique, nous voulons renforcer à Madagascar notre  contribution à la transformation numérique de l’action publique avec des solutions avancées. C’est ce que nous avons fait en accompagnant le ministère de l'Agriculture malgache dans la digitalisation de la filière rizicole ou encore au Togo avec l’Agence Togolaise d’Identification en contribuant à la création d’un système national d’identité biométrique. Ce projet est basé sur la technologie de reconnaissance de l’iris, du visage et des empreintes digitales et a permis  de faire en sorte que chaque citoyen puisse avoir une identité numérique unique et que chaque citoyen puisse jouir de ses droits grâce à cette identification. Il est clair qu’au cœur de la notion de transformation digitale du secteur public se trouve le principe de souveraineté numérique auquel nous sommes très attachés. Ce principe est nécessaire pour réaliser les objectifs de développement fixés par le Président de la République Andry RAJOELINA dans ses Velirano.

Est-ce que vous vous considérez chez Atos, la révolution digitale comme un tremplin ou comme une fin en soi ? 

La digitalisation, avec son vaste potentiel d'innovation et d'optimisation, nous permet d'aller au-delà des simples objectifs de modernisation technologique. Elle nous pousse à repenser nos modèles d'affaires, à être plus agiles, et à nous adapter continuellement aux évolutions rapides du marché. En adoptant les technologies digitales, nous ne cherchons pas seulement à être à la pointe de la technologie, mais à ouvrir de nouvelles voies pour la croissance économique, la création d'emplois et l'amélioration des conditions de vie. Mais je dois également reconnaître que la digitalisation n'est pas une fin en soi. Elle doit être envisagée comme un outil puissant qui nous aide à atteindre des objectifs plus larges. Notre véritable ambition est de contribuer au développement durable de Madagascar, de favoriser l'inclusion digitale et de garantir que les bénéfices de cette révolution technologique soient accessibles à tous.

L'Express de Madagascar

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