Après le renouvellement de son contrat de transfert de gestion des ressources naturelles jusqu’en 2031, Nosy Sakatia - Nosy Be veut franchir une nouvelle étape.
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| Les visiteurs avec VOI Tantely site Tsaranoro, avant la visite des circuits. |
La semaine dernière, plus précisément du 21 au 26 août, la communauté de base dénommée VOI RASIS, ou « Vondron’olo Ifotony - Regroupement des Acteurs pour la Sauvegarde de l’Île Sakatia », est partie à la rencontre de deux communautés reconnues pour leurs expériences en matière de gestion des ressources naturelles et de développement du tourisme communautaire.
Une délégation composée de dix personnes, membres du VOI RASIS, représentants des femmes, guides, pêcheurs, encadreur technique et coordonnateur du projet Gestion des Écosystèmes Côtiers du paysage Baie d’Ambaro, Tsimipaiky, Ampasindava et archipel de Nosy Be (GEC BATAN), a quitté l’île aux parfums pour effectuer une visite d’échange de six jours avec la COBA Tantely (communauté de base), gestionnaire du site de Tsaranoro dans le territoire d’Ambalavao, et le VOI Anja Miray (AMI), gestionnaire de la réserve villageoise d’Anja (Matsiatra Ambony), afin de renforcer les capacités de la communauté de Sakatia en matière d’écotourisme, de gouvernance locale et de valorisation durable du patrimoine naturel.
Le RASIS est désormais pleinement engagé dans la gestion durable des écosystèmes terrestres et marins de l’îlot de Sakatia, notamment des mangroves, des forêts, des récifs coralliens et des plages de ponte des tortues marines.
Apprendre entre communautés
À Anja, le VOI AMI est reconnu pour son expérience en matière de gouvernance participative, de transparence dans la gestion associative, de partage des bénéfices et de développement d’un écotourisme communautaire durable. Les recettes issues du tourisme ont notamment permis de soutenir des investissements au bénéfice des villages membres de l’association.
À Tsaranoro, la COBA Tantely a développé un modèle associant gestion communautaire des ressources naturelles et activité touristique. Les revenus liés au tourisme contribuent notamment à l’entretien des sentiers et des infrastructures locales, ainsi qu’au financement d’actions et de projets villageois. Des relations de partenariat existent également avec les opérateurs touristiques de la vallée, qui font largement appel à la main-d’œuvre locale.
Une démarche GEC BATAN
Cette visite d’échange illustre l’ambition du projet GEC BATAN de promouvoir des solutions permettant de faire converger conservation de la nature, développement économique local et bien-être des communautés.
Selon les explications de la coordonnatrice du projet, Hanta Rabetaliana, elle s’inscrit également dans la continuité des acquis du projet KOBABY, qui a cherché à démontrer que la valorisation durable des filières économiques peut contribuer directement à la conservation des ressources naturelles et à la pérennisation des territoires.
À travers cette rencontre entre communautés de différentes régions de Madagascar, le projet GEC BATAN, avec le financement du FFEM, ou Fonds français pour l’environnement, entend favoriser une dynamique simple et concrète.
Selon le vice-président de la communauté de Sakatia, Hugues Hamba, cette visite à Ambalavao a été particulièrement révélatrice. La délégation nosybéenne a constaté que les difficultés rencontrées par les VOI sont souvent similaires, même si elles prennent des formes différentes selon les réalités et les contextes locaux. Les échanges avec les VOI d’Anja et de Tsaranoro leur ont permis de partager leurs expériences, leurs difficultés et surtout les solutions qu’ils ont pu mettre en place. Ils ont été particulièrement impressionnés par leur mode de fonctionnement, qui permet de faire bénéficier l’ensemble de la communauté, ainsi que par leur résilience face aux difficultés rencontrées.
« Pour le VOI Sakatia, cette expérience nous apporte de nouvelles pistes pour améliorer notre organisation et développer des sources de revenus pour la communauté, tout en assurant la protection de nos ressources terrestres et, surtout, marines. Cette rencontre nous a également rappelé que la réussite de ce projet dépendra avant tout d’une motivation commune: pour la communauté, par la communauté et avec la communauté », a-t-il rapporté, tout en confirmant que la tâche à Sakatia est particulièrement complexe puisque la gestion concerne à la fois le territoire terrestre et le milieu marin.
Raheriniaina
