Un remède traditionnel au parcours méconnu. Considéré à Madagascar comme un « remède universel », le ranomena a été au centre du 108e Café-histoire, qui s’est tenu ce samedi à 10 heures, au Musée de la photographie, à Anjohy. À cette occasion, Gabrielle Robbins, anthropologue à l’Université d’Oxford, a retracé l’histoire et les usages de ce remède traditionnel, préparé à partir d’os de bovins associés à différentes plantes aromatiques et obtenus par distillation.
À Madagascar, le ranomena est réputé pour soigner différents maux, notamment les plaies, la toux ou encore le rhume. Pourtant, l’histoire de ce remède reste encore peu explorée. La communication de Gabrielle Robbins a ainsi retracé son évolution sur trois siècles, du XIXe au XXIe siècle, afin de comprendre comment il a acquis une telle place dans la société malgache.
Un remède d’origine animale qui ouvre de nouvelles pistes. La chercheuse s’est particulièrement intéressée à la composition du ranomena, principalement issue d’os de bovins. Un choix qui permet d’aborder un aspect encore peu étudié de la pharmacopée malgache. Si les remèdes à base de plantes ont déjà fait l’objet de nombreuses recherches, ceux d’origine animale demeurent davantage méconnus.
L’étude du ranomena contribue ainsi à élargir les recherches sur l’histoire de la santé et de la médecine à Madagascar. Elle permet également de questionner la place et le rôle des bovins dans la société malgache, à travers les usages médicinaux qui leur sont associés.
Gabrielle Robbins est anthropologue à l’Université d’Oxford. Ses travaux présentés lors de ce Café-histoire portent sur le ranomena, son histoire, ses usages et sa place dans la société malgache. À travers l’étude de ce remède d’origine animale, elle s’intéresse plus largement à l’histoire de la santé et de la médecine à Madagascar ainsi qu’au rôle des bovins dans la société malgache.
Cassie Ramiandrasoa