SANTÉ - Éventuelle fermeture des frontières aux pays foyers d’Ebola

Le gouvernement s’active pour prévenir l’Ebola. Le Conseil des ministres du 4 août a approuvé une communication verbale relative au renforcement des mesures de contrôle sanitaire aux frontières.

L’aéroport d’Ivato est un potentiel point d’entrée d’Ebola dans le pays.

Madagascar pourrait restreindre l’accès à ses frontières aux personnes en provenance de la zone épidémique d’Ebola. La Primature examine un projet de décision visant à empêcher l’introduction et la propagation du virus dans le pays. 

« Nous avons proposé d’interdire l’accès aux personnes en provenance des pays touchés par la maladie, comme l’Ouganda ou la République démocratique du Congo, à nos points d’entrée. C’est une des mesures que nous envisageons de prendre, parce que la circulation de l’Ebola fait énormément de victimes », indique un responsable auprès du ministère de la Santé publique, hier.

Dans cette proposition, il est indiqué que, si des personnes en provenance de ces pays doivent entrer à Madagascar, comme des étudiants ou des missionnaires du système des Nations unies, elles devront être isolées pendant vingt et un jours. Les lieux où elles seront mises en quarantaine ne sont pas encore définis. « Une réunion d’urgence va être organisée pour fixer l’emplacement de ces lieux d’isolement. Il s’agira probablement d’un hôtel, près des aéroports », enchaîne la source. Cette proposition prévoit également que les missions dans ces pays à forte propagation de l’Ebola soient interdites.

La priorité absolue du gouvernement réside dans la prévention de l’importation de cette maladie. « Ce sera dangereux si cette maladie débarque chez nous. Prenons l’exemple de la Mpox. Cela va faire près de dix mois que cette maladie circule chez nous, mais il y a encore des personnes qui ne croient pas à son existence et qui négligent les mesures de prévention », regrette une autre source.

Simulation

L’épidémie d’Ebola est hautement mortelle. En République démocratique du Congo (RDC), où elle progresse « à un rythme inédit », le taux de mortalité est proche de 50 %. « Au 30 juillet 2026, on dénombrait 3 605 cas confirmés, dont 1 587 décès, ce qui correspond à un taux de létalité brut de 44 % », selon une publication de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du 1er août.

À Madagascar, la propagation du virus, s’il venait à être introduit, risquerait d’être très rapide, en raison du manque d’hygiène et de la promiscuité, notamment dans les transports en commun. Le virus se transmet soit par contact avec le sang ou les liquides corporels d’une personne infectée, soit par contact avec des objets ou des surfaces contaminés. Même après la mort, les corps restent contagieux pendant plusieurs jours. Pourtant, à Madagascar, les coutumes funéraires sont très importantes, au point que certaines familles ont déterré leurs proches morts de la Covid-19 pour les remettre dans le tombeau familial.

Le ministère de la Santé publique se dit prêt face à une éventuelle arrivée du virus à Madagascar. Des exercices de simulation ont d’ailleurs déjà été réalisés pour tester la prise en charge d’un cas suspect à l’aéroport. Mais qu’en est-il de la capacité d’accueil des structures de santé, de la disponibilité des équipements de protection et de prise en charge, ainsi que du nombre de personnels qualifiés, en cas de circulation du virus sur le territoire ? Pendant la période de la Covid-19, les structures de santé ont été fortement débordées.

Miangaly Ralitera

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